Divorce

Divorce

 

Le lien sacré du mariage et le divorce
    Les éléments qui composent le cérémonial du mariage religieux n’ont pas tous la même importance. Certains n’ont du rite que l’apparence et tiennent plutôt du phénomène de mode. D’autres ont pour origine la coutume ; d’autres enfin constituent l’essence même du mariage.
Parmi ces derniers, le plus important est la remise par le fiancé à la fiancée de l’anneau nuptial : le fiancé prononce en hébreu la formule  » Te voici consacrée a moi par cet anneau, conformément à la Loi de Moise et d’Israël « , puis, immédiatement, il passe l’alliance a l’index de la main droite de sa fiancée.
Cette consécration – en hébreu Quiddouchine – est ainsi appelée car elle instaure entre les époux un lien extrêmement puissant, dont la profanation constitue un crime aussi grave que celle d’une offrande consacrée à Dieu.
Cependant, la Tora a prévu une modalité de dissolution de ce lien, autre que le décès de l’un des conjoints : c’est la procédure de divorce religieux. Elle consiste en la remise devant témoins et devant un tribunal rabbinique, par le mari aux mains de son épouse, d’un document préalablement écrit et signé sur ses instructions, et dans lequel il déclare divorcer de sa femme – le Guett.
Les deux procédures sont donc parallèles : pour le mariage, le fiancé remet a la fiancée une alliance ; pour le divorce, le mari remet a l’épouse un Guett.
(Contrairement à certaine idée reçue, le cérémonial du divorce religieux ne présente d’ailleurs aucunement un caractère traumatisant ou humiliant pour les conjoints).
Il est clair, par contre, que le divorce civil n’a aucune influence sur le lien établi religieusement, de même que le divorce religieux n’a aucune valeur au plan civil : à mariage civil divorce civil, à mariage religieux divorce religieux.
Lorsque malheureusement un couple décide de divorcer, on ne saurait trop lui conseiller de mener de front les démarches au plan civil et celles au plan religieux ; le Beth Din de Paris se tient à sa disposition pour que les choses se passent de la meilleure façon possible.
Au moment où deux personnes décident de s’unir devant Dieu, elles n’envisagent certes pas de divorcer. Mais il importe qu’elles prennent conscience des enjeux, ainsi que de la conception du mariage tel qu’il est institué dans la Tora, et qui représente la forme idéale de l’union maritale, le vecteur optimal du bonheur conjugal.
Texte rédigé par le Grand Rabbin M. GUGENHElM
LE DIVORCE, INFORMATIONS PRATIQUES :
Les services du Beth Din exigent au préalable le jugement du Tribunal de Grande Instance ayant prononcé le divorce civil entre les parties.
Pour que le guett (divorce religieux) soit délivré, il faut produire :
   1. Les pièces justificatives des deux époux
   2. Le livret de famille
   3. La ketouba (acte de mariage religieux)
   4. Deux photos d’identité.
Il est rappelé que seul le divorce religieux met fin au mariage.

 

LE MARIAGE

Le mariage

 

LE MARIAGE …  Pour le judaïsme, le mariage est un acte religieux de sanctification (kiddouchin) et d’élévation (nissouhin).
Devant l’Eternel et la communauté d’Israël, un homme et une femme acceptent de vivre ensemble dans l’amour et le respect mutuel, et de transmettre à leur descendance les valeurs traditionnelles. Le couple est alors comparé à un autel de sainteté.
Selon la Torah, trois devoirs incombent au mari : nourrir et vêtir sa femme, et la satisfaire sexuellement.
Les deux premiers devoirs se comprennent dans une société patriarcale où la femme ne travaillait pas ; quant au dernier point, il participe de l’équilibre psychologique des conjoints.
La cérémonie du mariage religieux ne sera possible qu’après avoir accompli son devoir civique de mariage à la mairie, selon le principe talmudique la loi du pays est la loi.
Avant le mariage, la fiancée se sera rendue dans un bain rituel ou mikvé. La cérémonie se déroule en général dans une synagogue, mais des dérogations peuvent être obtenues pour une célébration à l’extérieur. Au-dessus des mariés, un dais nuptial (houppa) symbolise le nouveau toit familial. Au cours de l’événement, le rabbin lit l’acte de mariage (kétouba) et l’officiant récite sept bénédictions pour le bonheur du couple. A la fin, le marié brise un verre rappelant que la joie ne peut être complète sans celle de Jérusalem reconstruite avec le Temple.
Convergence entre les valeurs de la République qui fait du mariage une « institution » et celles de la Tora qui considère celui-ci comme « Mikdach méat », un peu du Temple de Jérusalem, et « Binian Adei ad », une construction éternelle, l’union de deux êtres « selon la Loi de Moïse et d’Israël » est l’un des piliers de la vie juive.
Le Mariage doit donner lieu à une préparation minutieuse et une vérification non moins scrupuleuse du « statut personnel » au regard de la loi juive de chacun des deux candidats au mariage. Dès que le choix de la synagogue et de la date seront faits, les futurs mariés contacteront le service des mariages pour prendre une option et retirer un dossier comprenant tous les renseignements relatifs à la cérémonie religieuse.

LE MARIAGE SELON LA TRADITION JUIVE
 
La cérémonie se déroule sous une Houppa (dais) qui, dit le Talmud, indique l’entrée volontaire de la fiancée dans l’état de mariage. Sous le dais, la fiancée rencontre son fiancé en compagnie de ses parents ou de personnes qui les représentent.La cérémonie comprend deux parties :
– La première partie consiste en la « bénédiction des fiançailles » récitée au-dessus d’une coupe de vin. On loue Dieu d’avoir institué le mariage.
Suit le rite de Quidouchin, par lequel le fiancé, en présence de deux personnes spécialement désignées comme témoins, passe l’anneau à l’index de la main de la fiancée en disant :
« Voici tu es pour moi sanctifiée par cet anneau selon la loi de Moïse et d’Israël ».
Afin de permettre à la fiancée d’entrer dans le mariage sans soucis, la loi juive prévoit qu’aucun mariage ne sera célébré avant que le marié n’ait rédigé un document appelé Ketouba (acte de mariage). Ce document est lu immédiatement après la collation de l’anneau. L’une des clauses est la promesse du fiancé à la fiancée qui dit :
« Je travaillerai pour toi, je t’honorerai,
je te défendrai comme il convient à un époux de le faire ».
– La seconde partie consiste en la récitation, au-dessus d’une coupe de vin, des « Sept bénédictions du mariage », qui comprennent des louanges à Dieu pour ce qu’Il a créé l’homme et la femme afin qu’ils se tiennent compagnie et s’aident réciproquement, et pour le don qu’Il a fait à l’humanité des prières pour le bonheur des époux, ainsi qu’une bénédiction rattachant les espoirs fondés sur le jeune couple à l’espérance messianique du peuple juif. Les coupes de vin au-dessus desquelles les « bénédictions » ont été récitées, sont bues par le couple pour symboliser leur résolution de partager le sort, quel qu’il soit, que la Providence leur enverra au cours des années à venir.
A la fin de la cérémonie, le marié brise un verre en rappel de la destruction du Temple, pour tenir l’engagement pris au nom de la nation par le Psalmiste de ne pas oublier Jérusalem, fût-ce au sein des plus grandes joies de la vie.
LA CEREMONIE
 
Enfin le grand jour est arrivé…
Il avance vers la Houpa, tout ému au bras de sa maman, portant sur la tête une belle Kippa brodée.
Le Rabbin lui indique sa place, puis il se couvre de son Talit. Se retournant vers la porte, il observe amoureusement sa bien-aimée avancer lentement vers lui au bras de son papa. Elle porte une magnifique robe de mariée.
Installés tous les deux sous un petit toit, comme une petite demeure, ils écoutent les paroles du rabbin, ils rient, ils pleurent, ils sont heureux, et l’assemblée avec eux.
A la demande du chamach, l’assemblée se lève. Le maître de cérémonie prend un verre de vin et récite un premier Kiddouch. Deux témoins, choisis à l’avance, approchent ensuite et observent un anneau qui sera posé dans quelques instants à l’index de la jeune femme, après la récitation d’une formule de circonstance par l’époux. Du fond de la synagogue, on voit les témoins et la mariée répondre à des questions et sourire.
Le rabbin prend ensuite un beau document enluminé, c’est la Kétouba, dont le texte est écrit en araméen. Le marié et les témoins signent.
Puis d’un geste du rabbin, l’assistance se lève à nouveau, et l’officiant entonne les Sept Bénédictions de sa voix superbe. Lui et elle, recouverts du Talith, versent quelques larmes de joie, les parents aussi !
Pendant qu’il repose son Talith sur ses épaules, le rabbin exprime en français le sens de cette belle cérémonie et demande à un Cohen de réciter la bénédiction pontificale, puis invite le marié à briser un verre. Après un court instant de recueillement, toute l’assemblée crie Mazaltov.
Et tous deux s’en retournent, ensemble, vers leurs amis d’abord, vers la vie nouvelle surtout, dans la lumière de l’Eternel, source des bénédictions.
LA SYMBOLIQUE
Le verre de Kiddouch
Kiddouch veut dire sanctification, c’est-à-dire séparation dans un but spirituel. Beaucoup de prières sont basées sur ce thème : le Kaddich, la Kéddoucha, et le Kiddouch que l’on récite pour l’entrée du Chabbat ou des fêtes.
Lors de la cérémonie de mariage, le premier kiddouch, récité sur un verre de vin ou de jus de raisin, se nomme Kiddouchin, car la fin de la bénédiction s’exprime ainsi : « Béni sois-tu Eternel qui distingue son peuple Israël par la Houppa et l’acte de sanctification ». Ainsi par ce premier Kiddouch, l’épouse est distinguée pour être consacrée à son mari exclusivement.
Ici l’amour est mis au service du projet divin de l’aménagement du monde pour la paix des hommes.
La Houpa
De la racine Hafoh, (synonyme de souccah) qui signifie « couvrir », la Houppa est le dais nuptial qui abrite les époux durant la cérémonie. Certains grammairiens ont vu ici la racine haf = pur, innocent, pour rappeler que les époux sont purifiés le jour de leur mariage, comme la communauté au jour de Kippour. C’est la raison pour laquelle les fiancés ont l’habitude de jeûner jusqu’à la solennité.
Cette Houppa symbolise le nouveau foyer qui est appelé, selon le prophète Malachie, sanctuaire pour l’Eternel.
Le bris du verre
Le marié casse un verre à la fin de la cérémonie, en souvenir de la destruction du Temple de Jérusalem, comme il est dit dans le Psaume 137 : « Si je t’oublie Jérusalem que ma main droite m’oublie, si je ne fais de Jérusalem le sommet de ma joie ». Nou signifions ainsi que notre joie ne saurait être complète sans celle de Jérusalem et du Temple reconstruit.
La Kippa
De la même racine hébraïque qui a donné Kippour, la Kippa est la « couverture » de la tête, elle évoque l’humilité de l’homme face à son Créateur et l’acceptation du joug de la royauté divine.
Houppa, Souccah, Kippa, Kippour, le juif s’enveloppe en permanence de la présence divine.
   
Les alliances
Par la remise de l’anneau, qui doit être simple, ne comporter ni pierre ni ciselure, le fiancé s’engage vis-à-vis de sa future femme. Le fait qu’il n’y ait pas de réciprocité de l’acte choque l’esprit féministe, il faut resituer le geste dans son contexte social. A l’époque de la Bible et du Talmud, la femme ne travaillait pas et dépendait économiquement de son mari. En lui offrant un objet (bague, boucle d’oreilles, collier, etc), le mari promettait devant témoins et la communauté de protéger sa bien-aimée. La société et les esprits ayant changé, la femme peut remettre à son mari un anneau, à la fin de la cérémonie.
Après avoir prononcé la formule rituelle adéquate, le marié passe l’anneau à l’index de la fiancée.
La Ketouba
Littéralement « l’acte écrit » en araméen, elle est signée par les deux témoins. Il énonce la liste des obligations que le marié s’engage à remplir vis-à-vis de son épouse (l’habiller, la nourrir et la rendre heureuse).
C’est un document indispensable qui sera nécessaire aux inscriptions dans les écoles juives, au Talmud Thora… A conserver précieusement !
Traduction de la Ketouba

Le … jour de la semaine, le … du mois de … en l’année 57… de la création du monde, suivant le compte que nous effectuons ici dans la ville de … , voici comment M. …, fils de M. … a dit à cette jeune fille …, fille de M. … :
« Sois ma femme conformément à la loi de Moïse et d’Israël et moi, avec l’aide des Cieux, je travaillerai pour toi, je t’honorerai, te nourrirai, t’entretiendrai, t’alimenterai et te vêtirai. Conformément aux obligations imposées aux maris juifs qui travaillent, honorent, nourrissent et entretiennent leurs femmes avec fidélité. Je te donnerai ta nourriture, tes vêtements, ce dont tu as besoin, et je vivrai avec toi comme mari et femme, tel que l’usage l’exige.
Et …, cette jeune femme, a déclaré qu’elle consentait à être sa femme. » Ainsi a dit M. … : « Ce contrat devra être payé par moi ou par mes héritiers après moi, sur mes meilleurs biens et acquisitions qui sont sous les cieux que j’ai acquis ou que j’acquerrerai, sur les biens meubles ou fonciers, gagés ou hypothéqués. Ils garantiront ce contrat de mariage jusqu’au vêtement que je porte, que je sois vivant ou mort, à partir d’aujourd’hui et à jamais. »
M. … s’engage à respecter les clauses de ce contrat avec la gravité qui s’impose pour tout contrat de mariage en cours chez les filles d’Israël, conformément à l’institution rabbinique et non comme une simple promesse, ni comme de simples formulaires. Nous avons effectué un acte d’acquisition auprès de M. …, fils de M. …, pour …, fille de M. …, sur tout ce qui est mentionné ou explicité plus haut. Ainsi tout a été certifié, clarifié et bien-fondé.
Signature des deux témoins
    
Le Talit
Talit, de la racine taleh = agneau, signifie originellement vêtement de laine, mais dans le rituel, il désigne le châle de prière rectangulaire à franges, en soie ou en laine.
Comme l’exige la Torah, chacun des quatre coins du Talit doit être constitué de quatre fils noués de manière à porter un nombre de tours qui symbolisent le nom divin.
Le talit est traditionnellement offert au marié par sa future épouse.

 

Naissance

Naissance

 

POUR UN GARCON
COUTUMES JUIVES PRATIQUEES APRES LA NAISSANCE D’UN GARCONMazal tov ! Un garçon est né – un garçon qui sera, avec l’aide de D.ieu, une source de fierté et de joie pour sa famille et tout le peuple juif. Cette naissance donne lieu à plusieurs coutumes, la plus grande fête étant, bien entendu, la Brit Mila (circoncision). Dans le cas d’un premier-né, on peut accomplir aussi, sous certaines conditions, la mitsva du Pidyon Haben (voir l’article Pidyon Haben).
D.ieu dit à Abraham: « Pour toi, sois fidèle à mon alliance, toi et ta postérité, après toi dans tous les âges. » (Genèse, 17,9)
En dépit des décrets d’Antiochus qui proscrirent, entre autres, la Brit Mila, et malgré les expulsions et les persécutions dont a souffert notre nation tout au long de son exil, le peuple juif n’a jamais cessé d’accomplir cette mitsva.
Jusqu’à ce jour, pratiquement chaque Juif, quel que soit son niveau d’engagement religieux, observe ce précepte bien-aimé avec zèle et joie, réalisant par ce moyen les paroles des sages: « Toute mitsva pour laquelle un Juif est prêt à sacrifier la vie, comme la Brit Mila, sera toujours pratiquée »; et: « Chaque mitsva que les Juifs acceptèrent avec joie, comme la Brit Mila, sera toujours accomplie avec joie » (Talmud – Chabbat 130a).
Le premier Chabbat du bébé
Un usage très répandu chez les Ashkénazes est le Chalom Za’har qui se tient le vendredi soir après la naissance dans la maison des parents du bébé. Ce soir-là, les gens sont en général chez eux et donc plus disponibles pour venir y participer (Troumat Hadechen 269). Des rafraîchissements leur sont servis mais non un repas complet.
Le rabbin Pessah Krohn explique ainsi cette coutume:
Pendant que l’enfant est en gestation, un ange vient lui enseigner toute la Torah. Juste avant la naissance, l’ange lui touche la bouche ce qui provoque l’oubli par l’enfant de tout ce qu’il a appris (Talmud -Niddah 30b). La réunion dans sa maison a pour but de le consoler de cette perte (Taz – YD 265,13). Et puisque le bébé est  » en deuil « , on mange habituellement des lentilles, des haricots et des pois chiches car ce sont des aliments consommés traditionnellement par les personnes en deuil (Za’her HaBrith 3,6).
En outre, le Midrach (le Lévitique Rabba 27, 10) relate la parabole d’un roi qui visite une province et décrète que toute personne souhaitant lui demander une audience à titre privé, devra présenter d’abord ses hommages à la reine. De même, celui qui désire entrer dans l’alliance éternelle avec D.ieu (le Roi), doit préalablement célébrer la Reine Chabbat.
Les communautés sépharades ont une tradition similaire qui est l’étude de passages du Zohar la veille de la Brit Mila; cette soirée est appelée Brit Itsh’ak.
LA BRIT MILA OU CIRCONCISION
La circoncision, Brit Mila en hébreu, est l’acte par lequel le jeune bébé de 8 jours est inscrit dans la communauté des descendants d’Abraham.
C’est sans aucun doute l’affirmation identitaire la plus forte du judaïsme, et même dans les familles peu pratiquantes cette cérémonie est maintenue.
Par delà la raison hygiénique ou médicale que l’on pourrait trouver à cette ablation du prépuce, il s’agit avant tout d’une alliance.
Depuis Abraham, le père d’Israël, le juif porte dans sa chair l’éthique du monothéisme, qui implique la reconnaissance d’un Dieu un, Créateur des cieux et de la terre, et qui a distingué Abraham et sa descendance afin de devenir une bénédiction pour toutes les familles de la terre.
La cérémonie se déroule à 8 jours si aucun problème de santé ne se présente.
Elle se déroule soit à la synagogue, soit au domicile, et est pratiquée par un Mohel (circonciseur) compétent.
Durant cette cérémonie, le garçon est nommé officiellement de son prénom hébraïque.
La veille de la circoncision
Une belle coutume lors du soir précédant la Brit Mila est de faire venir des enfants dans la maison du nouveau-né afin qu’ils récitent le « Chéma Israël » en sa présence. On leur donne des sucreries pour les encourager à venir.
De plus, cette nuit, on a l’usage de lire la Torah dans la maison du bébé.
Quels doivent être les préparatifs pour le jour suivant? Il faut préparer principalement le repas de fête (séoudat mitsva) qui va suivre la Brit Mila et à l’issue duquel seront prononcés les bénédictions spéciales au cours des Actions de Grâces (Bircat HaMazon) dites à la fin du repas.
Le bébé est généralement habillé tout en blanc. Il faut également apporter du vin pour les bénédictions.
Honorer la famille et les amis
Prendre part à une circoncision est considéré comme un grand honneur. Voici les « tâches » variées distribuées à titre honorifique à certains invités:
1. « Kvatter » – en général un couple marié, de préférence n’ayant pas encore d’enfants. Cet honneur est considéré de bon augure pour avoir des enfants. La maman du bébé le tend à la femme « kvatter » qui, à son tour, le passe à son époux. Celui-ci amène l’enfant dans la salle où va s’effectuer la Brit Mila.
2. « Sur la chaise d’Eliahou »: la personne chargée de cet honneur place le nouveau-né sur le « Trône d’Eliahou », surélevé et somptueusement paré, car la tradition dit que le prophète Elie assiste à chaque Brit Mila.
3. « De la chaise d’Eliahou »: une autre personne prendra le bébé du « trône ».
4. « Sandak« : C’est le plus grand honneur, accordé, en général, au grand-père, à un homme âgé ou à un grand érudit. Le « sandak » tient le bébé sur ses genoux pendant la circoncision, honneur tenu pour égal à celui d’offrir l’encens au Temple.
5. Mohel : la personne qui procède à l’excision de la peau du prépuce, doit craindre D.ieu et être compétent. (Une Brit Mila diffère de la « circoncision laïque » car elle implique des étapes supplémentaires appelées Priyah et Metzitzah. Un enfant circoncis par un médecin à l’hôpital, la plupart du temps, n’est pas considéré comme circoncis au sens de la Loi juive.)
6. Bénédictions : la personne qui a reçu cette « tâche » récite les bénédictions et annonce le nom de l’enfant.
7. « Pendant les bénédictions »: pendant que les bénédictions sont prononcées et que le nom est donné, une personne tient le bébé dans ses bras.
Le symbolisme de la circoncision
Comme mentionné plus haut, la nuit avant la Brit Mila, il est de coutume dans certaines communautés de faire venir des enfants dans la maison du nouveau-né pour qu’ils récitent le Chéma Israël à côté de lui. Le Zohar explique que, avant la Brith Mila, des forces spirituelles impures essaient de nuire à l’enfant ; pour cette raison, des enfants qui sont trop jeunes pour avoir péché, viennent réciter le Chéma Israël, la prière ayant le pouvoir d’éloigner du nouveau-né ces forces malfaisantes.
La signification de cet usage est confirmée une nouvelle fois quand le père, au début de la cérémonie de la Brit Mila, proclame à son tour « Chéma Israël« . Mais pourquoi justement le Chéma ? Et pourquoi le dire à un enfant qui ne comprend pas et n’est pas conscient de ce qui lui arrive ?
Bien que la source de cette coutume soit kabbalistique et, par conséquent, puisse nous paraître abstraite, nous pouvons, quand même, mettre en accord notre vie quotidienne avec ce qu’elle signifie profondément et la transmettre à nos enfants. Ainsi :
Rabbi Yéhoshoua ben Korcha demande :  » Pourquoi le Chema est-il rédigé dans cet ordre? Afin que nous acceptions d’abord le joug de la Royauté divine et ensuite celui des mitsvot (commandements) » (Talmud). Le Chéma a le pouvoir d’amener la personne à tendre vers des objectifs plus élevés et plus spirituels dans sa vie.   
Dire le Chéma au nouveau-né symbolise l’expression de la foi pure qui va bien au-delà de la compréhension. Les « forces spirituelles impures » risquant de nuire au bébé peuvent causer non pas un dommage physique mais spirituel. Elles peuvent, par exemple, l’entraîner vers le matérialisme ou la rébellion quand il va grandir. Le Natsiv de Volojhin (Rabbi Naftali Tsvi Yéhouda Berlin, 1854-92) dit que le Chéma a le pouvoir d’amener la personne à tendre vers des objectifs plus élevés et plus spirituels dans sa vie. Réciter le Chéma au bébé peut renforcer son potentiel de spiritualité.
Après la Brit Mila, l’enfant porte sur son corps le symbole de la foi mais avant, il a besoin de l’expression de cette foi le reliant à D.ieu. Le fait qu’il ne comprenne pas n’est pas important, parce que la croyance est au-dessus de la compréhension.
C’est cette foi, enchâssée dans l’âme de chaque Juif, qui a poussé un petit garçon âgé de trois ans, Abraham, à chercher D.ieu. C’est cette foi que nous essayons d’insuffler à nos enfants.
Pourquoi acceptons-nous le joug divin et seulement après celui des mitsvot? Parce que beaucoup de mitsvot sont logiques et nous sommes en mesure de les observer même sans ordre divin. Nous nous soumettons au joug céleste en premier lieu afin de proclamer notre engagement à accomplir sans distinction toutes nos misvot car elles nous sont ordonnées par le créateur.
Cette proclamation nous donne aussi la force d’accepter les mitsvot que nous ne comprenons pas car, si de nombreux commandements divins sont logiques, d’autres nous paraissent complètement illogiques.
D’une façon similaire, beaucoup d’événements se produisant dans le monde renforcent notre foi, cependant d’autres péripéties dans notre vie personnelle ou au cours de l’histoire auraient tendance à l’ébranler.
C’est pourquoi, nous disons le Chéma pendant la journée, lorsque tout est clair et lumineux; il nous semble alors que nous pouvons saisir les chemins de D. Nous disons également le Chéma la nuit, quand tout est confus et sombre et que les desseins divins nous paraissent cachés.
LE RACHAT DU PREMIER NE OU PIDYONE HABEN

Le rachat du premier fils est une cérémonie qui se déroule 30 jours après la naissance, et qui rappelle qu’à l’origine les premiers-nés auraient dû être consacrés comme prêtres du Temple (Cohen), mais qu’à la suite de la faute du veau d’or, ils furent disqualifiés et que seule la tribu de Lévi restée fidèle à Dieu, fut désignée comme tribu sacerdotale.
La cérémonie consiste à « racheter » le fils au cohen contre une certaine somme d’argent, pour montrer l’irréversibilité de l’acte.
Le pidyone haben ne se fera que si le garçon est bien premier-né « ouverture de matrice », (pas de mort-né avant, pas de césarienne) et que le père ou la mère ne soit ni cohen ni lévi.
 
 
POUR UNE FILLE
C’EST UNE FILLE : COMMENT CELEBRER LA NAISSANCELa naissance d’une fille emplit les parents d’une joie qu’ils voudraient concrétiser de manière officielle. Pour un garçon, il y a le Chalom Za’har (le Chabbat précédant la circoncision) ou la lecture du Zohar, la Brit Mila (la circoncision) et quelques fois le Pidyon Haben (rachat des aînés). Un repas est servi (séoudat mitzva), il y a de nombreux invités et souvent un photographe et un cameraman vidéo.
Mais que devons-nous faire pour une fille?!
La réponse se trouve dans la Torah qui dit que Abraham fut béni « en toutes choses » (Genèse 24,1). Le Talmud explique que cette « grande bénédiction » se réfère à une fille (Baba Batra 16b).
Pourquoi décerne-t-on à une petite fille une telle louange?
La vie atteint sa plénitude quand on est béni par la naissance d’une petite fille. Il y a une chanson qui dit: « Merci mon D.ieu de m’avoir donné des filles ». Le peuple juif a toujours remercié le créateur pour les femmes juives parce que notre survie, en tant que nation, leur est fondamentalement due.
– Les mères du peuple juif, Sarah, Rébecca, Rachel et Léa, l’ont guidé pour édifier la nation et pour relever les défis nés au sein de la famille.
– Durant l’esclavage en Egypte, les femmes ont conservé la foi et ont continué à avoir des enfants malgré le faible espoir de salut.
– Au cours des années d’errance dans le désert, les femmes ont refusé de participer au péché du veau d’or et à la faute des explorateurs.
– L’héroïne de Pourim est Esther et celle de ‘Hanoucca est Judith.
A chaque carrefour critique de l’histoire juive, les femmes se sont trouvées au premier plan et ont mis le peuple juif sur la bonne voie.
Du fait que la judéité provient de la mère, nous voyons que la femme est gratifiée de l’impressionnante charge d’inculquer la foi en D.ieu, l’observation des Commandements et la fierté d’être juif. D’une manière métaphorique, on pourrait dire que la mère donne au bébé sa nourriture et l’amour qui va mettre en valeur ses ressources potentielles internes. Fêter la naissance d’une petite fille est donc célébrer la survie juive, les valeurs juives et la destinée juive.

ZEVED HABAT OU LA NOMINATION D’UNE FILLE
Le mot zéved est à rapprocher de l’arabe zavda, le beurre. La fille met le beurre dans la famille, une manière de dire qu’elle apporte la bénédiction. Après la prière, un Kiddouch (une collation) en l’honneur du bébé est en général servi aux amis et à la famille qui partagent les bons mets, échangent des paroles de Torah et participent à la profonde joie familiale.

 

Bar Mitzva

Bar Mitzva

 

La Bar Mitsva
La bar mitsva est une cérémonie religieuse qui officialise l’entrée du garçon comme membre majeur au sein de la communauté d’Israël.
A 13 ans pour les garçons, les jeunes gens, après une préparation d’un an, seront honorés par un office.
Chaque synagogue a sa manière de célébrer l’évènement, l’essentiel est que l’adolescent se sente pleinement responsable de son identité et fière de son appartenance à un peuple plusieurs fois millénaire, qui reçut la parole divine en sortant d’Egypte.
La Bar-Mitsva marque une étape importante dans la vie de votre enfant. Elle est le fruit d’une éducation de plusieurs années.
Dans le cadre du Talmud Tora, votre fils recevra un diplôme attestant de sa conscience de prise de responsabilités au sein du peuple juif.
LA PREPARATION A LA BAR MITSVA
Introduction
       
L’enfant atteint sa majorité religieuse à treize ans révolus. A cet age, il devient responsable de lui-même, est soumis à l’accomplissement des mitsvot positives et est rétribué pour la transgression des mitsvot négatives.
Bien que l’âge de la majorité religieuse ait été transmis oralement à Moïse au mont Sinaï, nos sages voient également une allusion dans le verset suivant :
« … deux des fils de Jacob, Siméon et Lévi, frères de Dina prirent chacun (Iche) leur épée et marchèrent contre la ville avec assurance… »
La Torah n’a soumis à ses commandements que celui qui est appelé Iche (homme). Or Lévi était agé à cette époque de treize ans et la Torah lui confère le qualitatif de Iche. On en a déduit qu’à treize ans, on est majeur et soumis à l’accomplissement des commandements.

Le Talit
    
Le Talit, comme le Talit katan, est un vêtement rectangulaire aux quatre coins duquel sont attachés les tsitsit. On met le Talit pour l’office du matin.
Avant de s’en envelopper, on récite la bénédiction suivante :
« Baroukh ata adonaï, élohénou, mélékh aolam, acher kidéchanou bémitsvotav, vétsivanou léhitatef betsitsit ».
« Béni sois-Tu Eternel notre D. roi du monde, qui nous as sanctifié dans tes commandements, et nous as ordonné de nous reocuvrir des tsitsit« 

Il est préférable d’avoir un Talit en laine afin d’accomplir cette mitsva telle qu’elle est prescrite par la Torah.
Il est possible de faire la bénédiction sur le Talit dès l’aube, à partir du moment où, d’une distance de deux mètres, on peut distinguer une personne vaguement connue de tous.

 
Les Tephilines
     
Les Téphilines (ou philactères) sont des objets cubiques en cuir que nous attachons à l’aide de lanières, l’un sur le biceps du bras gauche (sur le bras droit si l’on est gaucher), face au coeur, l’autre à la tête, entre les yeux.
La Téphila de la main (chel yad), contient un parchemin sur lequel sont inscrits les quatre passages de la Torah qui mentionnent cette mitsva :
   1. Deutéronome 6, versets 4 à 9
   2. Deutéronome 11, versets 13 à 21
   3. Exode 13, versets 1 à10
   4. Exode 13, versets 11 à 16,
La Téphila de la tête (chel roch) est divisée en quatre compartiments dans chacun desquels on introduit un seul des quatre passages cités ci-dessus. Sur les côtés latéraux de la Tephila de la tête apparaît en relief la lettre Chin : celle de droite a 3 branches, celle de gauche en a 4.
Tous les jours, à l’exception du Chabbat et des jours de fêtes, à l’office du matin et après s’être enveloppé du Talit, on met les Téphilines.
On pose d’abord la Téphila chel yad sur le biceps, on serre la lanière et, avant de l’enrouler autour du bras, on récite la bénédiction suivante :
« Baroukh ata adonaï, élohénou mélékh aolam, acher kidéchanou bémitsvotav, vétsivanou lehania’h tephilin »
« Béni sois-Tu Eternel notre D. roi du monde, qui nous as sanctifié dans tes commandements et ordonné de mettre les téphilin »

 

HEVRA KADICHA

La hevra kadisha

 

HEVRA KADICHA
La Hévra kadicha est un groupe de personnes qui accomplissent volontairement les mitsvoth les plus difficiles de la Torah. Il s’agit notament de l’accompagnement des personnes au moment des derniers jours de leur vie, et de tout ce qui est lié au deuil et à la souffrance.

La Hévra kadicha intervient aussi dans l’aide aux plus défavorisés et assume donc l’enterrement des personnes isolées et sans ressources.

 

Roch Hachana

Roch Hachana

 

Roch Hachana inaugure une période d’introspection personnelle qui va durer 10 jours jusqu’à Kippour. Il s’agit, pour chacun d’entre nous, de faire téchouva, c’est-à-dire de réfléchir sur le sens de sa vie, sur la manière de se conduire avec autrui et sur ses relations avec le créateur.

Etre un Juif au plein sens du terme ne signifie pas se contenter d’observer un rite avec zèle. Un Juif est avant tout un acteur dans la Cité. L’accomplissement du Juif se situe sur la manière dont il va se conduire avec son prochain.
Ce devoir d’équité se réalise pleinement dans la notion de tsédakaRoch Hachana, on procède à un examen de conscience. On tire un bilan sur l’année écoulée.
On s’engage à prendre un nouveau départ. c’est-à-dire de solidarité, de responsabilité et de justice.


Dates et horaires
Année hébraïque 5767 (2006-2007)
Samedi 23 et dimanche 24 septembre 2006 (fin : 20h 29).

Signification de Roch Hachana

Littéralement « tête de l’année », la fête se célèbre le 1er et le deuxième jour du premier mois de l’année, celui de tichri. Roch Hachana est aussi le nouvel an Juif qui commémore la création par Dieu de l’homme sur terre. Dans les temps anciens, la fête ne durait qu’un seul jour. Aujourd’hui, c’est la seule fête qui dure 2 jours en Israël comme en diaspora. Elle marque le début des 10 jours de pénitence dont la finalité est Yom Kippour.
Selon la Michna, le calendrier juif comporte quatre nouvel an :
•  Le 1er Nissan : c’est le nouvel an des rois (date à partir de laquelle était calculé le nombre des années du règne de chaque roi d’Israël).
•  Le 1er Eloul : date à laquelle on prélevait la dîme sur le bétail.
•  Le 15 Chevat : nouvel an des arbres.
•  Le 1er Tichri : date à laquelle on calculait les dates du Jubilé et des années chabbatiques.

Roch Hachana
est aussi désignée par quatre autres termes : Chabaton : jour de repos solennel. Zi’hron terouah : jour du souvenir proclamé par la sonnerie du chofar. Yom terouah : le jour de la sonnerie du chofar. Yom hadin : jour du jugement.
C’est en effet ce jour là que les rabbins ont développé cette notion que toutes les créatures de l’humanité sont jugées à Roch Hachana. Dieu donnant, en fonction des mérites de chacun, le droit de vivre et ses moyens d’existence. Le verdict définitif est rendu à Yom Kippour. C’est pour cette raison que ces jours sont appelés Yamim noraïm (jours terribles).
Cette notion de pénitence est matérialisée par le blanc, couleur de la pureté, pour tout Juif qui souhaite être pardonné par le créateur. Cette couleur s’applique à la nappe qui recouvre le lutrin sur lequel on lit la Torah, les manteaux des séfarim Torah, le rideau de l’arche sainte. Certains juifs s’habillent en blanc ou revêtent le kitel, sorte de robe portée également à Kippour et pour le séder de Pessah.
Sources bibliques

« Et l’Eternel parla à Moché en ces termes : Parle aux enfants d’Israël en ces termes : Et le septième mois, le premier du mois sera pour vous jour chômé, souvenir de sonnerie, appel de sainteté, vous ne ferez aucun travail, et vous approcherez des sacrifices au nom de l’Eternel. »
(Lévitique Vayikra XIX).
« Et le septième mois, le premier du mois sera un appel de sainteté pour vous, ce sera un jour de sonnerie. »
Sens
« A Roch Hachana, tous les habitants de la terre passent devant Lui comme le troupeau du berger, ainsi qu’il est dit : « Celui qui a façonné ensemble leur cœur, distingue tous leurs actes. » »
(Traité Roch Hachana 16a)
« Pourquoi sonne-t-on d’une corne de bélier à Roch Hachana ? Ainsi répond le Saint, béni soit-Il : Sonnez devant mois la corne de bélier, afin que Je me souvienne, pour vous, de la ligature d’Isaac fils d’Abraham et J’en tiendrai compte comme si chacun d’entre vous avait été lié devant Moi. »
(Ibid.)
« Trois livres sont ouverts à Roch Hachana, le premier pour les vrais pervers, un autre pour les justes parfaits et un troisième pour les individus moyens. Les justes parfaits sont immédiatement inscrits dans la livre de la vie, les méchants immédiatement inscrits dans la livre de la mort, quant aux moyens leur jugement est suspendu de Roch Hachana à Kippour, s’ils sont méritants ils sont inscrits pour la vie, s’ils ne sont pas méritants, ils sont inscrits pour la mort. »
(Ibid.)
« Les anges du service divin ont demandé au Saint, béni soit-Il : Maître du monde pourquoi Israël ne récite-t-il pas de chants de louange à Roch Hachana et à Kippour ? Il leur dit : Est-ce possible qu’au moment où le Roi est assis pour juger et devant qui les livres de la vie et de la mort sont ouverts, qu’Israël entonne des chants ? »
(Ibid. 32b)
« Bien que la mitsva de sonner le shoffar à Roch Hachana soit un décret divin, il s’y trouve une allusion, à savoir : « réveillez-vous de votre sommeil, et vous les endormis levez-vous de votre somnolence » faites un bilan de vos actes, revenez en repentir et souvenez-vous de votre Créateur. Et vous qui oubliez la vérité par la perte de temps, et qui perdez vos années en vanité et en leurre sans aucune valeur, observez votre âme, considérez vos conduites et vos fautes et que chacun abandonne son mauvais chemin et ses mauvaises pensées. »
(Rambam. Lois sur le repentir)
Déroulement de la fête
Mis à part le repas festif du premier soir, l’essentiel du rituel se déroule à la synagogue où l’on passe plus de la moitié des deux journées en prières, en Israël comme dans la Diaspora. On sonne le chofar sur la téba où on lit aussi la Torah. Auparavant, on récite sept fois le psaume 4.7, pour rappeler les sept tours que firent les Juifs autour de Jéricho avant que les murailles ne tombent au son du Chofar et les sept cieux à travers lesquels les prières doivent passer pour atteindre le trône de Dieu. Le psaume 4.7 est choisi car le verset 6 contient l’allusion : « Dieu est monté au milieu des cris, le Seigneur au son du chofar » Ce verset est invoqué pour expliquer qu’on tient l’instrument avec l’embouchure large vers le haut. Ensuite six vers sont récités, qui forment l’acrostiche « Ke’ha Satan » (déchire Satan). On sort de l’Aron hakodech les deux rouleaux de la Torah pour des lectures, incluant notamment, le deuxième jour, le récit de l’épreuve d’Abraham.
Les nombreux poèmes, (piyoutim) figurant dans la liturgie de Roch HachanaMoussaf, le service additionnel, est unique en ce qu’il comporte trois bénédictions centrales au lieu d’une seule comme pour toutes les autres fêtes. La première, Mal’houyot, de la racine de melekh (roi), décrit la souveraineté du créateur, que sa sainteté met à distance de ses créatures. Au contraire Zi’hrono nous montre que, malgré tout, « il s’est souvenu » de Noé, des fils des justes dans la souffrance. Il punit les méchants et récompense les bons. Le troisième, Chofarot, explicite l’importance des événements marqués par la sonnerie du chofar. Il insiste sur le fait que Dieu s’est révélé lui-même au Sinaï et qu’il se révélera à nouveau pleinement pour amener la fin des temps.
Jour du jugement, du souvenir et de la sonnerie du chofar, Roch Hachana est la plus solennelle des fêtes juives, comme le fait de sentir par exemple cette prière :
« Nous voulons relater la puissance de cette journée : elle est redoutable. En elle, Ta royauté s’élèvera et Ton trône sera fondé sur la justice. En vérité Tu es le juge et Tu as souvenir des choses tombées dans l’oubli. Tu ouvres le livre de l’histoire où sont consignés les actes scellés par la main de leurs auteurs humains. Soudain le chofar retentit, un bruit sourd se fait entendre. C’est le jour du Jugement ! Pareil aux moutons dénombrés leur berger, les hommes et leurs actes sont scrutés par Toi ; Tu fixes le délai pour chaque être vivant et Tu décides de son sort. A Roch Hachana, Tu l’inscris et à Kippour Tu apposes ton sceau : combien quitteront ce monde et combien y entreront. Qui vivra et qui mourra, qui à la fin de ses jours, qui prématurément, qui par le feu, qui par l’eau, qui par la guerre, qui par l’épidémie. Qui mènera une vie sédentaire et qui sera nomade. Qui sera serein et qui sera tourmenté. Qui sera élevé et qui sera abaissé. Qui sera tourmenté. Qui sera fortuné et qui sera indigent. Mais le retour (téchouva), la prière (téfila), et la justice (tsédaka), peuvent faire revenir Dieu sur sa décision. »
Le retour vers les valeurs juives
D’après la tradition, le 1er Tichri est la date anniversaire de la création du monde selon certains commentateurs, le jour où le premier homme a été créé selon d’autres.
Littéralement Roch Hachana signifie « tête de l’année ». C’est donc le moment où les hommes doivent faire une pause, réfléchir, se reprendre en mains, pour préparer un avenir meilleur.
Roch Hachana implique donc trois choses :
• La réflexion sur le passé impliquant la notion de téchouva (qui signifie un retour sur soi).
• Une réflexion sur l’avenir par une prière (Téfila) pleine d’espoir.
• L’action en multipliant les actes d’entraide, tels que la tsédaka.
Selon notre capacité à réaliser ces actes indispensables, nous engageons notre avenir, exprimé à travers la décision divine qui nous juge et nous inscrit dans le « livre de la vie », pour une vie meilleure. Tout dépend bien entendu de nous, nous construisons nous-mêmes notre avenir, dont nous sommes les détenteurs responsables.
Le jugement divin apparaît alors comme la résultante d’efforts personnels qui s’expriment traditionnellement par les actes de Téchouva, Téfila et Tsédaka.
La Téchouva
La racine du mot contient l’idée de retour. Il s’agit principalement d’un retour vers nos sources qui doit nous permettre de mieux nous situer par rapport au rôle que nous avons à accomplir en tant que Juif. Ré-évaluation de nos relations avec Dieu, avec les autres et avec nous-mêmes.
Roch Hachana vient nous rappeler que même si nous avons « manqué le but », il n’est jamais trop tard pour rectifier le tir et décider d’agir différemment en opérant un retour sur soi par la Téchouva.
La Téfila
Dans la tradition juive, la téfila n’est pas une série de demandes, de supplications et de louanges, elle correspond à une réflexion profonde, fondée sur un examen de conscience. Le terme lehitpalel signifie s’auto-juger et pas seulement prier. Au cours de la téfila, le Juif doit réussir à s’élever peu à peu, au point de parvenir à un véritable dialogue avec son créateur, sans avoir recours à son intermédiaire.

La Tsédaka

L’acte de tsédaka comprend, dans son essence, le principe même de justice par lequel on participe au rétablissement d’un certain ordre dans le monde. Ce n’est donc pas un mouvement de pitié envers son prochain. Lorsqu’il fait la tsédaka, le Juif accomplit un acte de justice pure. Il ne s’agit pas d’aider l’autre avec condescendance, mais au contraire de le faire avec humilité. La manière de l’aider aura autant d’importance que l’aide apportée.
(Texte réalisé avec le concours de Darki, une publication du keren Hasefer Vr-Halimoud édité par le STE et diffusé par Biblieurope).

Les Séli’hot
Les séli’hot sont des prières de repentir. On implore le pardon (séli’ha) de Dieu pour les pêchés commis. La tradition enseigne que Dieu aurait lui-même enseigné à Moïse les treize attributs de miséricorde. On retrouve ces attributs dans le livre de l’Exode : « Seigneur! Seigneur! Clément et miséricordieux, lent à la colère, plein de bienveillance et d’équité; il conserve sa faveur à la millième génération; il supporte le crime, la rébellion, la faute, mais ne les absout pas. »
Ces attributs forment le coeur de toute prière de pénitence et toute imploration du pardon divin.
A l’origine, ces séli’hot n’étaient récitées que pour Kippour et les autres jours de jeûne. A partir de l’époque des geonim (titre honorifique donné aux présidents des universités babyloniennes), on les récite tous les lundis et les jeudis.
Le Choul’hane arou’h (littéralement « table dressée »), est le code de la loi religieuse rédigé par Joseph Caro de Safed et annoté par Moïse Isserles de Cracovie. Il stipule que l’on se lève à l’aube durant les 40 jours (pour les séfaradim) qui précèdent Kippour, pour réciter les sélikhot. Les Achkénazim commencent à réciter les séli’hot le dimanche qui précède Roch Hachana. Les ‘hassidim ont la coutume de commencer les sélikhot par un office à 3 heures du matin le dimanche qui précède Roch Hachana.

Le séder de Roch Hachana



Les festivités de Roch Hachana débutent la veille au soir. Comme pour les autres fêtes, on se veut optimiste et plein d’entrain pour célébrer le nouvel an. Les communautés juives à travers le monde ne manquent pas de recettes originales.
Le séder (ordre) de Roch Hachana est plus ou moins copieux selon les communautés dont on est originaire. Le miel est omniprésent, comme accompagnement, pour chacun des aliments mis sur le plateau.
– Le séder commence toujours par le kiddouch. Il comprend une coupe de vin (du vin blanc pour certains, car il évoque la miséricorde).
– Immédiatement après, on fait la prière sur des ‘halots (parfois fourrées avec du raisin sec) choisies spécialement à cette occasion de forme arrondie (en forme de couronne pour rappeler la royauté de Dieu, mais aussi sans aspérités, pour une année pleine de douceur). On remplace le sel par le sucre. Dans certaines communautés d’origine achkénaze, on dessine sur la ‘hala un motif rappelant une échelle. Elle symbolise la montée de chaque Juif sur « l’échelle du jugement divin. » D’autres confectionnent des ‘halot en forme de spirale, pour rappeler la main tendue prête à recevoir le verdict divin, mais aussi la spirale de la vie vers laquelle chacun de nous est entraîné. En Afrique du Nord, on réalisait des pains en forme d’oiseaux, en souvenir du verset d’Isaïe : « comme les oiseaux, Dieu protègera Jérusalem ».
– La principale bénédiction se fait sur une pomme trempée dans du miel. On formule ainsi le souhait que l’année à venir soit bonne et douce. On retrouve la pomme au dessert dans le
« shtrudel aux pommes », la confiture de pomme, « l’apfelkrapfe » (chausson aux pommes alsacien). En Bulgarie, la bénédiction est faite sur une pomme cuite au miel.
Les Juifs d’Algérie, de Tunisie et du Maroc mangent des dattes « tamra ou tam » qui signifient en araméen « terminer », car nous espérons que l’influence de nos ennemis prenne fin.
– Après les fruits qui poussent dans les arbres, on consomme des légumes qui poussent en terre. C’est à travers ces aliments que nous souhaitons « que nos ennemis cessent de nous vouloir du mal ». Le rabbin Gérard Haddad précise : « Le destin des hommes ne consiste pas seulement en douceur, il faut envisager aussi les événements pénibles tels que les conflits avec les ennemis, les maladies qui peuvent survenir, pour les conjurer ».
– En Tunisie, on mange de l’ail cuit dans du miel, dont le mot en hébreu « toum » fait penser au verset « ché yitamou oyevénou » « que nos ennemis soient anéantis ! ». Les Juifs tunisiens consomment des beignets d’épinard , de courge, d’ail. Les Juifs de Turquie préfèrent les fritadas, c’est-à-dire différents gratins composés de blettes, de courgettes, de courge !
– On peut trouver sur certains plateaux des blettes (salki en araméen), mot qui ressemble à istalek qui veut dire « enlever » (« Que nos ennemis disparaissent et soient enlevés !). De la courge, du potiron, des épinards, des poireaux (karti) dont la racine est la même que karet qui veut dire retrancher, supprimer, dans l’espoir qu’avec cette bénédiction « nos ennemis seront écartés ».
– Les pois dont la symbolique est la même que la grenade dont le mot en araméen (rubiya) dérive de rov, c’est-à-dire l’abondance.
– Enfin, une cinquième bénédiction porte sur le souhait « qu’Israël soit en tête des nations, plutôt qu’en queue » (au niveau moral) et serve d’exemple aux autres nations. On fait la bénédiction sur une tête de poisson ou de mouton (ou sur une partie de cette tête). On évite de choisir une tête de veau ou de bœuf, pour ne rappeler ni le veau d’or, ni les autres animaux adorés dans l’Antiquité.
Le son du chofar
Le chofar est sonné les deux jours de Roch Hachana, sauf si le premier jour tombe un Chabbat. La sonnerie du chofar qui symbolise une plainte ou un cri, marque l’apogée des cérémonies. Selon Maïmonide, cette injonction biblique est faite pour que chacun des fidèles soit entraîné à se repentir de ses pêchés.
Le chofar est un instrument à vent composé traditionnellement d’une corne de bélier (il rappelle la mise à l’épreuve d’Abraham, quand Dieu lui a demandé de sacrifier son fils Isaac. Au dernier moment Dieu a arrêté son geste. En remerciement, Abraham a élevé un autel pour y sacrifier un bélier. La Michna précise qu’on peut aussi utiliser la corne de tout animal cacher (mouton antilope, gazelle, excepté la corne d’un bœuf et d’un gros bétail).
La sonnerie de chofar retentit tous les jours du mois d’Elloul, au cours de l’office du matin, et jusqu’à Kippour. On a l’habitude de sonner du chofar pour commémorer un événement exceptionnel (le jour où les troupes israéliennes ont libéré Jérusalem, par exemple). Depuis 1949, la prestation de serment de tout nouveau président de l’Etat d’Israël s’accompagne d’une sonnerie symbolique du chofar.
La personne qui sonne le chofar fait entendre 4 types de sons distincts :
Tekia : son long continu.
Téroua : son court (3 téroua peuvent être entendus pendant la durée d’un tékia).
Chevarim : série de 9 sons saccadés.
Tékia guédola : sonnerie majeure, longue et continue. A Kippour, elle marque la fin du jeûne.
Les kabbalistes insistent sur l’importance des sonneries du chofar, auxquelles ils attribuent le pouvoir de substituer à la rigueur du jugement, la douceur de la miséricorde.
Tachli’h

Cérémonie célébrée l’après-midi du 1er jour de Roch Hachana (si ce jour tombe un Chabbat, tachli’h est reportée d’un jour).
Le rite du Tachli’h consiste à se rendre au bord d’un cours d’eau, une rivière ou la mer, et d’y retourner ses poches, comme pour y jeter les quelques miettes qui resteraient, en récitant des versets des prophètes Michée et Isaïe. Le verset de Michée 7,19 déclare : « Tu jetteras tous leurs péchés au fond de la mer ! ».
Une coutume kurde consiste à sauter dans l’eau au cours de la cérémonie. Les kabbalistes secouent leurs habits pour se libérer des « écorces » de pêchés qui se sont formées au cours de l’année. Les Juifs de Syrie utilisent un bassin alimenté par un tuyau d’eau courante.
Certains rabbins insistent pour que la cérémonie se déroule au bords d’une pièce d’eau où vivent des poissons, car il s’agit du tribut payé au créateur dont l’œuvre de création débuta à Roch Hachana et eut pour premiers témoins les poissons. Afin de permettre à tous Juifs, petits et grands de célébrer tachli’h, il est aussi permis de procéder à la cérémonie prêt d’un évier et d’y faire couler l’eau, mais cette dernière alternative n’est utilisée que si la communauté est éloignée d’un cours d’eau.

 

Fêtes

Introduction

Il existe deux catégories de fêtes :
* les fêtes fixées par la Torah,
* les fêtes d’institution rabbinique.

Les fêtes toraïques

On distingue trois catégories de jours fériés :
1. Le Chabbat qui rappelle la création du monde.
2. Les fêtes de pèlerinage (Pessah « Pâques » – Chavouot « Pentecôte » et Souccot
3. Les fêtes du Nouvel An (Roch Hachana et Kippour) qui évoquent le jugement et le pardon de l’homme.
A ces fêtes chômées – Yom Tov – (où tout travail est interdit, nous verrons de quels travaux et dans quelles conditions), il faut ajouter le nouveau mois (Roch Hodech) où le travail est licite.

Les fêtes rabbiniques

En général, ces fêtes sont liées à des événements historiques, que nos maîtres, anciens ou modernes, ont voulu garder pour la mémoire d’Israël en raison de l’enseignement fondamental que ces événements véhiculent pour la conscience juive.
* Pourim et ‘Hanouccah qui rappellent le miracle de la survie physique et spirituelle du peuple juif, malgré un danger de disparition.
* Le jeûne du 9 du mois d’av (Tichâ béav) qui rappelle la destruction de deux Temples et de Jérusalem.
* Lag Baomer qui rappelle la fin de l’épidémie qui frappa les élèves de Rabbi Aquiba.
* Yom Hashoa : souvenir des six millions de nos frères et sœurs morts dans les camps nazis.
* Yom Hazikaron : souvenir des victimes des guerres d’Israël.
* Yom Haatsmaout : jour de l’indépendance de l’Etat d’Israël.
* Yom Yeroushalaïm : jour de la réunification de Jérusalem.
A ces fêtes à caractère historique, s’ajoute une fête « écologique » : Tou Bichvat ou Nouvel An des arbres.

La désignation des fêtes et leur signification

Les fêtes sont désignées dans la Torah par différents termes. Découvrons-les :
Mo’adim
« Moadim » (sing. mo’èd) signifie littéralement « rendez-vous ». L’idée est très importante, elle signifie « rendez-vous » avec l’Éternel, mais aussi « rendez-vous » avec la communauté d’Israël, avec son prochain.
Si l’homme, depuis le renvoi du jardin d’Eden, doit « manger son pain à la sueur de son front » et donc s’investir obligatoirement dans le monde matériel pour résoudre ses problèmes vitaux (manger, se vêtir, se loger), la fête devient une période où le Saint, béni-soit-Il, demande à chaque membre d’Israël de se dégager de toute activité économique, afin d’être prêt à rencontrer Celui qui est source de toutes les bénédictions. C’est pourquoi mo’èd ne désigne qu’un jour où le travail est interdit.
L’indice de spiritualité d’une fête (sa sainteté ou kéddoucha) sera justement jaugé à son rapport à la productivité. Ainsi, Chabbat etKippour où tout travail est proscrit se trouvent au sommet de l’échelle, les fêtes de pèlerinage et Roch Hachana où la cuisson et le transport de certains objets sont licites (selon des conditions précises) possèdent un niveau inférieur. Quant aux jours où les petits travaux sont licites (demi-fêtes) ou totalement permis (Roch Hodech), ils se trouvent au bas de l’échelle, au-dessus bien évidemment des jours profanes.
Nous pouvons ainsi donner la définition d’un jour profane : un jour où l’homme transforme le monde extérieur à lui-même, afin de perdurer. Son rapport à Dieu se fait via la nature, alors qu’un mo’èd est un jour où l’homme est placé directement face au Créateur. Durant les jours profanes, l’homme aménage son avoir ; pendant les fêtes, il construit son être.
Dans l’esprit du monothéisme, les deux activités sont aussi valables, et c’est pourquoi les sages du Talmud voient l’idéal dans « l’étude de la Torah associée à une activité professionnelle » (Torah oumélakha). Le « rendez-vous » avec Dieu va permettre un ressourcement de la personne, une épuration de la conscience, qui pourrait tomber dans les pièges d’un avoir excessif (le travail pour le travail, le matériel pour le matériel). Le mo’èd rappelle donc que si l’aménagement de l’espace est la première bénédiction offerte à Adam, il ne faut jamais oublier que ce monde possède un sens, une finalité, qui ne se chiffre pas en écus sonnants et trébuchants, mais en capacité d’amour, de justice et de paix.
Le but  du judaïsme, tel qu’il est transmis par l’un de nos plus grands maîtres Rabbi Moché ben Maïmon, dit Rambam ou Maïmonide, est de proposer un équilibre harmonieux entre le ciel et la terre, entre le corps et l’âme, entre la matérialité et la spiritualité, entre le religieux et l’économique, étant entendu que le mot avoda
Mikraé kodech
Une autre expression pour parler des fêtes dans la Torah, mais qui découle de l’idée de « mo’èd » est « Mikraé kodech« , « appels de sainteté ». Sainteté signifie en hébreu : séparation, ce qui se détache de la conduite naturelle ou profane. Les mitsvot nous sanctifient, c’est-à-dire introduisent une dimension spirituelle, transcendante, « sur-naturelle » dans notre vie. Tous les êtres vivants mangent, mais en se soumettant à la volonté divine qui a demandé de consommer tel aliment et interdit tel autre, le juif introduit le divin dans son quotidien. Ainsi chaque commandement accompli actualise la conscience que nous sommes placés vis-à-vis de Dieu. Cela est particulièrement vrai durant les fêtes, où justement nous ne travaillons pas, où notre esprit n’est pas absorbé par des considérations matérielles, mais uniquement à la prière, à l’étude et à la joie de servir l’Eternel. Chaque rendez-vous avec Dieu est ainsi un appel à l’élévation, à la sainteté.
Hag
Le dernier terme, utilisé uniquement pour les fêtes de pèlerinage, est le mot « Hag » (au pluriel « Hagim« ). A rapprocher de l’arabe hagag, il désigne le pèlerinage. C’est pourquoi il ne s’applique qu’aux solennités qui exigeaient le déplacement jusqu’au Beth Hamikdach (le Temple) de Jérusalem. C’est donc par abus de langage que l’on parle à propos des fêtes du Nouvel An, et à plus forte raison de fêtes rabbiniques, de Hag. Les kabbalistes voient dans le mot HaG les initiales de Hessed (Charité) et Guévoura (Rigueur). Ce qui peut se comprendre, puisque les trois fêtes de pèlerinage, qui sont les étapes de la libération d’Israël (le peuple) d’Egypte pour aller vers la terre des promesses, traduisent la Charité et la Grâce dont témoigna le Saint, béni soit-Il, à l’égard de nos ancêtres. Et cette Charité appelle en retour des mitsvot particulières, commandements à accomplir avec rigueur, pour ne pas oublier tous ces bienfaits, et continuer dans chaque génération la marche d’Israël.
Yom tov
Les sages d’Israël ont ajouté une expression pour parler des fêtes Toraïques : « Yom tov« , qui signifie littéralement « jour bon », et que nous trouvons dans le livre d’Esther (IX,19 et 22) pour désigner un jour de joie, en opposition aux jours de deuil. Au sens rabbinique, l’expression Yom tov qualifie les fêtes de pèlerinage, ainsi que les fêtes du Nouvel An, c’est-à-dire un jour qui se distingue du Chabbat, par le fait qu’il est permis de cuire (sous certaines conditions), et qui se distingue aussi du Roch Hodech, des jours de demi-fête ou profanes dans lesquels le travail est licite.
Écoutons Maïmonide dans son Michné Torah (lois des fêtes) :

« Les six jours pendant lesquels la Torah a interdit l’exécution d’un travail sont : le premier et le septième jour de Pessah, le premier et le huitième jour de Souccot, le jour de Chavouot et le premier jour du septième mois (c’est-à-dire Roch Hachana). La cessation de toute activité pendant tous ces jours s’applique de la même manière, à savoir qu’il est interdit d’effectuer un travail, sauf en ce qui concerne les préparatifs de nourriture, ainsi qu’il est dit dans le verset : cependant, ce que chacun doit manger, vous pourrez le faire. »

Remarques
*
Kippour n’est pas mentionné, car il est identique au Chabbat quant à l’interdiction de préparer la nourriture.
*
Les jours de fêtes sont doublés en dehors d’Israël. Ainsi il y a deux jours de fêtes au début et à la fin de Pessah, de même pourSouccot et pour Chavouot. Quant à Roch Hachana il est doublé même en Israël.
La raison de ces redoublements est liée à un problème de communication aux temps où la diaspora babylonienne recevait son calendrier depuis Jérusalem. Quand le nouveau mois était proclamé au Temple, on allumait des feux d’une montagne à l’autre jusqu’en Babylonie. Les Saducéens, qui niaient le pouvoir rabbinique pharisien, et l’existence d’une tradition orale remontant à Moïse, allumaient des feux la veille ou le lendemain. Les communautés de l’exil ne sachant plus quel jour était le bon doublèrent les jours de fêtes par incertitude. C’est ce que l’on appelle sféka déyoma « le jour douteux ».
Si Roch Hachana est doublé également en Israël c’est à cause de l’impossibilité de sonner le Shofar (corne de bélier) le Chabbat. En effet, selon la Torah, on ne peut sonner le Shofar à Chabbat qu’à l’intérieur du Temple de Jérusalem. Ainsi dans le cas où Roch Hachana tomberait un samedi, on ne pourrait pas accomplir le commandement du jour hors de Jérusalem, d’où le redoublement même en terre d’Israël.

 Valeur des fêtes juives

Ne pas travailler ne signifie pas que les jours de fêtes soient des jours de loisirs pour faire ses courses ou repasser la deuxième couche de peinture dans sa maison de campagne. Ils ont été offerts pour se réjouir en famille et en communauté, pour se souvenir des bienfaits de l’Eternel, et se ressourcer physiquement, moralement et spirituellement. Les repas, la prière et l’étude auront ici une place centrale.
Ecoutons le prophète Isaïe (LVIII,13 et 14) dont les paroles sont toujours d’une grande actualité :

« Si le Chabbat tu retiens ton pied pour ne point faire ton désir, dans Mon jour de sainteté, et si tu appelles mon Chabbat « délice », pour la sainteté de l’Eternel, jour honoré, et si tu l’honores en ne suivant point tes chemins, ne saisissant point l’occasion des affaires, et en ne prononçant aucune parole (profane), alors tu te délecteras devant l’Eternel, Je te ferai chevaucher sur les hauteurs de la terre, je te nourrirai de l’héritage de Jacob ton père, car c’est la bouche de l’Eternel qui l’a déclaré ».

Ces versets, qui sont lus au kiddouch du samedi matin, ainsi que durant la haftaraKippour, s’appliquent bien sûr au Chabbat, mais par extension aux jours de fêtes qui sont aussi appelés Chabbat (jour de cessation – du travail -). Le prophète demande de distinguer ces solennités par une conduite différente de celle de la semaine. Le mot raglékha (ton pied), peut aussi être entendu en hébreu, comme « ton habitude », on dirait aujourd’hui « se libérer de ses conditionnements ». Comme nous l’avons dit plus haut, il s’agit de construire un nouvel univers où les soucis matériels, les affaires (même bonnes), sont mis entre parenthèses afin de vivre autant que faire se peut, cette proximité avec Dieu, et se reconnaître fils ou fille de notre patriarche Jacob, celui qui devint Israël. La préparation est ici importante, préparation psychologique, morale, spirituelle : préparation de la maison, des repas, de son corps (coiffeur, bain, certains vont au mikvé – le bain rituel de purification – la veille du Hag). Pendant les fêtes, à la synagogue, des chants nouveaux sont entonnés par les fidèles avec ferveur et joie. A la maison la table est dressée, chaque membre possède son habit de fête. La paix et la sérénité sont dans les cœurs.

Temps de la nature – Temps de l’histoire

Dans la Torah, les fêtes ont un double caractère : un caractère agricole et un caractère historique. Cela est remarquable particulièrement avec les fêtes de pèlerinage. Ainsi :
* Pessah qui est « la fête du printemps » rappelle la sortie d’Egypte.
* Chavouot qui est « la fête des moissons » rappelle le don des Dix Commandements.
* Souccot « la fête de l’engrangement » d’automne rappelle la traversée du désert.
Cette relation est fondamentale. Elle marque une rupture totale avec les cultes païens qui exprimaient une adoration des forces de la nature pour elles-mêmes. En Egypte, le Nil était déifié, et c’est en son nom que le Pharaon sacrifia des milliers d’enfants hébreux. En Canaan, Moloch, Baal ou Astarée étaient adorés ; cela entraînait des sacrifices humains ou de la prostitution sacrée. Le meurtre, la débauche étaient sacralisés. En intervenant dans le cycle du temps, Dieu enseignait que non seulement Il était le maître de cette nature, mais surtout que le religieux ne pouvait être séparé de la morale. Ainsi le printemps n’est plus le temps du papillonnage libertin, mais le temps de la libération de l’Homme, l’automne n’est plus le temps de l’individualisme égoïste, mais celui du partage fraternel.
Le grand message prophétique est : le même Dieu qui crée la nature est le même Dieu qui délivre l’homme, afin qu’à son tour l’homme utilise la nature pour délivrer son frère de l’oppression, de l’aliénation.

Les Jeûnes

     » Il existe des jours durant lesquels la communauté d’Israël jeûne à cause des malheurs qui touchèrent nos ancêtres et afin de réveiller les cœurs vers les chemins de la repentance. Cette conduite nous rappellera nos mauvaises actions identiques à celles de nos pères, et qui furent la cause de nos souffrances. Par le souvenir de ces évènements nous pourrons revenir en nous améliorant ainsi qu’il est dit : Ils confesseront leur faute ainsi que la faute de leur père. « (Rambam Lois du Jeûne. V, 1)