F.A.Q du Shabbat

Introduction
Il existe deux catégories de fêtes :
* les fêtes fixées par la Torah,
* les fêtes d’institution rabbinique.
Les fêtes toraïques
On distingue trois catégories de jours fériés :
1. Le Chabbat qui rappelle la création du monde.
2. Les fêtes de pèlerinage (Pessah « Pâques » – Chavouot « Pentecôte » et Souccot
3. Les fêtes du Nouvel An (Roch Hachana et Kippour) qui évoquent le jugement et le pardon de l’homme.
A ces fêtes chômées – Yom Tov – (où tout travail est interdit, nous verrons de quels travaux et dans quelles conditions), il faut ajouter le nouveau mois (Roch Hodech) où le travail est licite.
Les fêtes rabbiniques
En général, ces fêtes sont liées à des évènements historiques, que nos maîtres, anciens ou modernes, ont voulu garder pour la mémoire d’Israël en raison de l’enseignement fondamental que ces évènements véhiculent pour la conscience juive.
* Pourim et ‘Hanouccah qui rappellent le miracle de la survie physique et spirituelle du peuple juif, malgré un danger de disparition.
* Le jeûne du 9 du mois d’av (Tichâ béav) qui rappelle la destruction de deux Temples et de Jérusalem.
* Lag Baomer qui rappelle la fin de l’épidémie qui frappa les élèves de Rabbi Aquiba.
* Yom Hashoa : souvenir des six millions de nos frères et sœurs morts dans les camps nazis.
* Yom Hazikaron : souvenir des victimes des guerres d’Israël.
* Yom Haatsmaout : jour de l’indépendance de l’Etat d’Israël.
* Yom Yeroushalaïm : jour de la réunification de Jérusalem.
A ces fêtes à caractère historique, s’ajoute une fête « écologique » : Tou Bichvat ou Nouvel An des arbres.
La désignation des fêtes et leur signification
Les fêtes sont désignées dans la Torah par différents termes. Découvrons-les :
Mo’adim
« Moadim » (sing. mo’èd) signifie littéralement « rendez-vous ». L’idée est très importante, elle signifie « rendez-vous » avec l’Eternel, mais aussi « rendez-vous » avec la communauté d’Israël, avec son prochain.
Si l’homme, depuis le renvoi du jardin d’Eden, doit « manger son pain à la sueur de son front » et donc s’investir obligatoirement dans le monde matériel pour résoudre ses problèmes vitaux (manger, se vêtir, se loger), la fête devient une période où le Saint, béni-soit-Il, demande à chaque membre d’Israël de se dégager de toute activité économique, afin d’être prêt à rencontrer Celui qui est source de toutes les bénédictions. C’est pourquoi mo’èd ne désigne qu’un jour où le travail est interdit.
L’indice de spiritualité d’une fête (sa sainteté ou kéddoucha) sera justement jaugé à son rapport à la productivité. Ainsi, Chabbat et Kippour où tout travail est proscrit se trouvent au sommet de l’échelle, les fêtes de pèlerinage et Roch Hachana où la cuisson et le transport de certains objets sont licites (selon des conditions précises) possèdent un niveau inférieur. Quant aux jours où les petits travaux sont licites (demi-fêtes) ou totalement permis (Roch Hodech), ils se trouvent au bas de l’échelle, au-dessus bien évidemment des jours profanes.
Nous pouvons ainsi donner la définition d’un jour profane : un jour où l’homme transforme le monde extérieur à lui-même, afin de perdurer. Son rapport à Dieu se fait via la nature, alors qu’un mo’èd est un jour où l’homme est placé directement face au Créateur. Durant les jours profanes, l’homme aménage son avoir ; pendant les fêtes, il construit son être.
Dans l’esprit du monothéisme, les deux activités sont aussi valables, et c’est pourquoi les sages du Talmud voient l’idéal dans « l’étude de la Torah associée à une activité professionnelle » (Torah oumélakha). Le « rendez-vous » avec Dieu va permettre un ressourcement de la personne, une épuration de la conscience, qui pourrait tomber dans les pièges d’un avoir excessif (le travail pour le travail, le matériel pour le matériel). Lemo’èd rappelle donc que si l’aménagement de l’espace est la première bénédiction offerte à Adam, il ne faut jamais oublier que ce monde possède un sens, une finalité, qui ne se chiffre pas en écus sonnants et trébuchants, mais en capacité d’amour, de justice et de paix.
Le but  du judaïsme, tel qu’il est transmis par l’un de nos plus grands maîtres Rabbi Moché ben Maïmon, dit Rambam ou Maïmonide, est de proposer un équilibre harmonieux entre le ciel et la terre, entre le corps et l’âme, entre la matérialité et la spiritualité, entre le religieux et l’économique, étant entendu que le mot avoda
Mikraé kodech
Une autre expression pour parler des fêtes dans la Torah, mais qui découle de l’idée de « mo’èd » est « Mikraé kodech« , « appels de sainteté ». Sainteté signifie en hébreu : séparation, ce qui se détache de la conduite naturelle ou profane. Les mitsvot nous sanctifient, c’est-à-dire introduisent une dimension spirituelle, transcendante, « sur-naturelle » dans notre vie. Tous les êtres vivants mangent, mais en se soumettant à la volonté divine qui a demandé de consommer tel aliment et interdit tel autre, le juif introduit le divin dans son quotidien. Ainsi chaque commandement accompli actualise la conscience que nous sommes placés vis-à-vis de Dieu. Cela est particulièrement vrai durant les fêtes, où justement nous ne travaillons pas, où notre esprit n’est pas absorbé par des considérations matérielles, mais uniquement à la prière, à l’étude et à la joie de servir l’Eternel. Chaque rendez-vous avec Dieu est ainsi un appel à l’élévation, à la sainteté.
Hag
Le dernier terme, utilisé uniquement pour les fêtes de pèlerinage, est le mot « Hag » (au pluriel « Hagim« ). A rapprocher de l’arabe hagag, il désigne le pèlerinage. C’est pourquoi il ne s’applique qu’aux solennités qui exigeaient le déplacement jusqu’au Beth Hamikdach (le Temple) de Jérusalem. C’est donc par abus de langage que l’on parle à propos des fêtes du Nouvel An, et à plus forte raison de fêtes rabbiniques, de Hag. Les kabbalistes voient dans le mot HaG les initiales de Hessed (Charité) et Guévoura (Rigueur). Ce qui peut se comprendre, puisque les trois fêtes de pèlerinage, qui sont les étapes de la libération d’Israël (le peuple) d’Egypte pour aller vers la terre des promesses, traduisent la Charité et la Grâce dont témoigna le Saint, béni soit-Il, à l’égard de nos ancêtres. Et cette Charité appelle en retour des mitsvot particulières, commandements à accomplir avec rigueur, pour ne pas oublier tous ces bienfaits, et continuer dans chaque génération la marche d’Israël.
Yom tov
Les sages d’Israël ont ajouté une expression pour parler des fêtes Toraïques : « Yom tov« , qui signifie littéralement « jour bon », et que nous trouvons dans le livre d’Esther (IX,19 et 22) pour désigner un jour de joie, en opposition aux jours de deuil. Au sens rabbinique, l’expression Yom tov qualifie les fêtes de pèlerinage, ainsi que les fêtes du Nouvel An, c’est-à-dire un jour qui se distingue du Chabbat, par le fait qu’il est permis de cuire (sous certaines conditions), et qui se distingue aussi du Roch Hodech, des jours de demi-fête ou profanes dans lesquels le travail est licite.
Ecoutons Maïmonide dans son Michné Torah (lois des fêtes) :
« Les six jours pendant lesquels la Torah a interdit l’exécution d’un travail sont : le premier et le septième jour de Pessah, le premier et le huitième jour de Souccot, le jour de Chavouot et le premier jour du septième mois (c’est-à-dire Roch Hachana). La cessation de toute activité pendant tous ces jours s’applique de la même manière, à savoir qu’il est interdit d’effectuer un travail, sauf en ce qui concerne les préparatifs de nourriture, ainsi qu’il est dit dans le verset : cependant, ce que chacun doit manger, vous pourrez le faire. »
Remarques
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Kippour n’est pas mentionné, car il est identique au Chabbat quant à l’interdiction de préparer la nourriture.
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Les jours de fêtes sont doublés en dehors d’Israël. Ainsi il y a deux jours de fêtes au début et à la fin dePessah, de même pour Souccot et pour Chavouot. Quant à Roch Hachana il est doublé même en Israël.
La raison de ces redoublements est liée à un problème de communication aux temps où la diaspora babylonienne recevait son calendrier depuis Jérusalem. Quand le nouveau mois était proclamé au Temple, on allumait des feux d’une montagne à l’autre jusqu’en Babylonie. Les Saducéens, qui niaient le pouvoir rabbinique pharisien, et l’existence d’une tradition orale remontant à Moïse, allumaient des feux la veille ou le lendemain. Les communautés de l’exil ne sachant plus quel jour était le bon doublèrent les jours de fêtes par incertitude. C’est ce que l’on appelle sféka déyoma « le jour douteux ».
Si Roch Hachana est doublé également en Israël c’est à cause de l’impossibilité de sonner le Shofar (corne de bélier) le Chabbat. En effet, selon la Torah, on ne peut sonner le Shofar à Chabbat qu’à l’intérieur du Temple de Jérusalem. Ainsi dans le cas où Roch Hachana tomberait un samedi, on ne pourrait pas accomplir le commandement du jour hors de Jérusalem, d’où le redoublement même en terre d’Israël.
 
Valeur des fêtes juives
Ne pas travailler ne signifie pas que les jours de fêtes soient des jours de loisirs pour faire ses courses ou repasser la deuxième couche de peinture dans sa maison de campagne. Ils ont été offerts pour se réjouir en famille et en communauté, pour se souvenir des bienfaits de l’Eternel, et se ressourcer physiquement, moralement et spirituellement. Les repas, la prière et l’étude auront ici une place centrale.
Ecoutons le prophète Isaïe (LVIII,13 et 14) dont les paroles sont toujours d’une grande actualité :
« Si le Chabbat tu retiens ton pied pour ne point faire ton désir, dans Mon jour de sainteté, et si tu appelles mon Chabbat « délice », pour la sainteté de l’Eternel, jour honoré, et si tu l’honores en ne suivant point tes chemins, ne saisissant point l’occasion des affaires, et en ne prononçant aucune parole (profane), alors tu te délecteras devant l’Eternel, Je te ferai chevaucher sur les hauteurs de la terre, je te nourrirai de l’héritage de Jacob ton père, car c’est la bouche de l’Eternel qui l’a déclaré ».
Ces versets, qui sont lus au kiddouch du samedi matin, ainsi que durant la haftaraKippour, s’appliquent bien sûr au Chabbat, mais par extension aux jours de fêtes qui sont aussi appelés Chabbat (jour de cessation – du travail -). Le prophète demande de distinguer ces solennités par une conduite différente de celle de la semaine. Le mot raglékha (ton pied), peut aussi être entendu en hébreu, comme « ton habitude », on dirait aujourd’hui « se libérer de ses conditionnements ». Comme nous l’avons dit plus haut, il s’agit de construire un nouvel univers où les soucis matériels, les affaires (même bonnes), sont mis entre parenthèses afin de vivre autant que faire se peut, cette proximité avec Dieu, et se reconnaître fils ou fille de notre patriarche Jacob, celui qui devint Israël. La préparation est ici importante, préparation psychologique, morale, spirituelle : préparation de la maison, des repas, de son corps (coiffeur, bain, certains vont au mikvé – le bain rituel de purification – la veille du Hag). Pendant les fêtes, à la synagogue, des chants nouveaux sont entonnés par les fidèles avec ferveur et joie. A la maison la table est dressée, chaque membre possède son habit de fête. La paix et la sérénité sont dans les cœurs.
Temps de la nature – Temps de l’histoire
Dans la Torah, les fêtes ont un double caractère : un caractère agricole et un caractère historique. Cela est remarquable particulièrement avec les fêtes de pèlerinage. Ainsi :
* Pessah qui est « la fête du printemps » rappelle la sortie d’Egypte.
* Chavouot qui est « la fête des moissons » rappelle le don des Dix Commandements.
* Souccot « la fête de l’engrangement » d’automne rappelle la traversée du désert.
Cette relation est fondamentale. Elle marque une rupture totale avec les cultes païens qui exprimaient une adoration des forces de la nature pour elles-mêmes. En Egypte, le Nil était déifié, et c’est en son nom que le Pharaon sacrifia des milliers d’enfants hébreux. En Canaan, Moloch, Baal ou Astarée étaient adorés ; cela entraînait des sacrifices humains ou de la prostitution sacrée. Le meurtre, la débauche étaient sacralisés. En intervenant dans le cycle du temps, Dieu enseignait que non seulement Il était le maître de cette nature, mais surtout que le religieux ne pouvait être séparé de la morale. Ainsi le printemps n’est plus le temps du papillonnage libertin, mais le temps de la libération de l’Homme, l’automne n’est plus le temps de l’individualisme égoïste, mais celui du partage fraternel.
Le grand message prophétique est : le même Dieu qui crée la nature est le même Dieu qui délivre l’homme, afin qu’à son tour l’homme utilise la nature pour délivrer son frère de l’oppression, de l’aliénation.
Les Jeûnes
    
 » Il existe des jours durant lesquels la communauté d’Israël jeûne à cause des malheurs qui touchèrent nos ancêtres et afin de réveiller les cœurs vers les chemins de la repentance. Cette conduite nous rappellera nos mauvaises actions identiques à celles de nos pères, et qui furent la cause de nos souffrances. Par le souvenir de ces évènements nous pourrons revenir en nous améliorant ainsi qu’il est dit : Ils confesseront leur faute ainsi que la faute de leur père.  »
(Rambam Lois du Jeûne. V, 1)

39 Travaux

INTRODUCTION

Le chabbat est connu comme un jour où le travail est interdit. Mais qu’est-ce qu’un travail ? Déplacer un livre, monter quelques marches, constituent déjà sur le plan physique un travail. Est-ce à dire qu’il faille rester allonger dans son lit toute la journée du Chabbat ? Si le chabbat est entendu comme un jour de repos, pourquoi aller à la synagogue à pied, plutôt que de prendre sa voiture ? Autant de questions qui appellent une définition claire des notions de « travail » et de « repos ».
Définition du chabbat
Relisons la Torah en traduisant convenablement (beaucoup de questions se posent parce que nous lisons le texte dans des traductions) :
« Et ils furent achevés les cieux et la terre et toute leur armée. Et Dieu acheva, dans le septième jour, son oeuvre qu’Il avait faite. Il cessa dans le septième jour son oeuvre qu’Il avait faite. Et Dieu bénit le septième jour, et Il le sanctifia, car en lui Il cessa toute son œuvre que Dieu avait créée à parfaire ». (Genèse II,1-4).
Analyse
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« Et ils furent achevés les cieux et la terre » : nous sommes dans un univers où tout est achevé. Les forces, les structures sont en place, leurs mouvements traduisent l’élan vital qui les anime. Même ce que nous ne connaissons pas encore est déjà là (les trous noirs, les autres galaxies, …). Cette stabilité garantit la liberté de l’homme. C’est parce que le monde est stable que l’homme peut choisir son avenir.
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« …toute leur armée » : la Bible, en parlant des étoiles et des astres, les compare à une armée qui proclame la Gloire de D..
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« Et Dieu acheva, dans le septième jour » : Il acheva à la limite du sixième et du septième jour son œuvre. Car D. connaît les limites des choses et des temps, mais la halakha exigera pour Israël d’arrêter le travail avant la nuit (d’après Rachi).
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« son oeuvre qu’Il avait faite » : cela ne veut pas dire que le monde est achevé, mais que D. a achevé sa part du travail « son œuvre » le concernant.
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« son oeuvre que Dieu avait créée à parfaire » : Hachem a créé un monde à parfaire. A l’homme d’apporter la touche finale à ce que le Créateur a commencé. C’est pourquoi pour parler de la création du monde, nos sages, de mémoire bénie, utilisent l’expression « l’œuvre du commencement » (maassé béréchith).
* « Il cessa dans le septième jour ». Arrêtons-nous sur ce morceau de verset. La traduction « il se reposa » pose évidemment des problèmes théologiques. Même si l’on considère que « la Tora parle le langage des hommes », tous les anthropomorphismes traduisent une relation entre Hachem et sa création, mais n’offrent jamais d’information sur Lui-même.
Nous découvrirons plus loin que la Torah parle du « repos de Dieu », mais nous l’analyserons dans son contexte.
En fait le chabbat, D. ne fait plus ce qu’Il faisait pendant les six premiers jours, à savoir qu’Il ne prononce aucune parole créatrice. Il cesse de créer. Le décor est planté ; à l’homme, à l’instar d’un acteur entrant sur une scène théâtrale, de commencer son numéro.
Chabat signifie donc « cessation ». En hébreu moderne nous avons de la même racine, le mot chévitah qui est la « grève », la cessation de l’activité.
La mélakha qui nous avons traduit par « œuvre » (comme l’on parle d’un chef-d’œuvre dans le compagnonnage) est une action d’aménagement du monde et non un simple travail dans le domaine des sciences physiques.
Imiter Hachem
Cette conduite d’Hachem, qui construit le monde puis cesse son activité, sera proposée comme projet économico-religieux à la collectivité d’Israël, au moment de la révélation du Sinaï. Ecoutons la quatrième parole des Dix Commandements :
« Souviens-toi du jour du chabbat pour le sanctifier. Six jours tu travailleras et feras toute ton œuvre ; et le septième jour Cessation pour l’Eternel ton Dieu, tu ne feras aucune œuvre, ni toi, ni ton fils et ta fille, ni ton serviteur ni ta domestique, ni ta bête, ni l’étranger qui est dans tes portes ; car en six jours l’Eternel fit les cieux et la terre, la mer et tout ce qui est en eux, et Il se reposa dans le septième jour, c’est pourquoi l’Eternel bénit le jour du Chabbat et Il le sanctifia ». (ChémotExode – XX).
(Il existe une autre version des Dix Paroles qui furent prononcées par Moché notre maître, paix sur lui, nous étudierons par ailleurs, à la lumière de nos exégètes traditionnels, les différences entre ces deux versions et leurs implications).
Analyse
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« Six jours tu travailleras et feras toute ton œuvre » : l’hébreu connaît deux termes pour parler du travail : avoda, généralement à connotation physique, et mélakha qui désigne une œuvre plus générale, englobant un ensemble de travaux. D. ne fait pas de avoda, Il réalise directement son œuvre par Sa parole. L’homme par contre doit passer par des phases intermédiaires pour réaliser son intention première.
Pour la Bible, l’homme doit travailler six jours, c’est-à-dire s’investir dans la nature pour en faire jaillir la bénédiction divine. Pour le judaïsme, le travail n’est pas une malédiction, mais une dignité conférée à l’homme qui, par la culture qu’il produit, se distingue radicalement des animaux. En étant renvoyé du jardin d’Eden, Adam n’est marqué par aucun « péché originel », la rupture n’est nullement consommée avec Hachem, mais avec la nature, d’où la nécessité de la travailler pour en tirer les fruits.
En fait, avoda désigne à la fois le travail physique, économique, en même temps que le service du Temple (les sacrifices, et par extension la prière). Pour la conscience hébraïque, la leçon est éloquente : chacun sert D. aussi bien en s’investissant dans le monde avec honnêteté et droiture qu’en se tournant vers le ciel avec ferveur et sincérité. L’homme est, telle une échelle de Jacob, dressé sur le sol et s’ouvrant vers la transcendance infinie.
*
« Le septième jour Cessation pour l’Eternel ton Dieu » : c’est parce que l’homme travaille six jours que le chabbat possède un sens. Il ne s’agit pas ici d’un simple repos hebdomadaire, mais d’un « rendez-vous » avec l’Eternel ton Dieu (cf. dossier Les Fêtes). C’est D. qui crée l’homme à son image, et c’est D. qui proclame sa libération de toutes les servitudes, de tous les esclavages, de toutes les aliénations. Le juif vivant pleinement le Chabbat proclame sa liberté face à tous les systèmes, à toutes les idoles, à toutes les idéologies.
*
« Car en six jours l’Eternel fit les cieux et la terre, la mer » : se souvenir du Chabbat et le garder signifie d’abord témoigner que l’univers a un Créateur. Nous ne créons pas le monde, nous l’aménageons. A nous de le parachever dans un sens moral selon Sa volonté.
*
« Il se reposa dans le septième jour » : D. se repose donc ? En fait, comme le souligne Rachi, il s’agit d’une invitation faite à l’homme de se reposer de son labeur de la semaine, et non d’une information concernant la nature divine. C’est pourquoi l’expression « Il se reposa » n’apparaît pas dans la Genèse, mais uniquement dans la législation révélée au peuple d’Israël.
Ainsi l’économie de la société d’Israël est rythmée par un cycle permanent : 6 jours de travail, 1 jour de repos (comme la terre d’Israël est rythmée par 6 années de travail, 1 année de repos).
Une question reste en suspens, quelles sont les actions qui vont être considérées comme travaux d’aménagement du monde, et donc proscrits le Chabbat ? La réponse fut posée par les tribus à Moché notre maître, paix sur lui.
Ecoutons une nouvelle fois la Tora et nos commentateurs, mais situons d’abord le contexte.
Le véritable Temple
Après avoir accepté les lois sociales (michpatim), les enfants d’Israël reçoivent l’ordre d’ériger « un lieu de résidence » pour l’Eternel (Michkan), le Temple portatif, au cœur duquel se trouvera l’arche d’Alliance, contenant les deux Tables de pierre. A la construction de ce Temple s’ajoutent les ordonnances concernant la confection des habits sacerdotaux du Grand-prêtre (Cohen gadol) et des prêtres. Mais avant de conclure son propos, l’Eternel ajoute : « L’Eternel parla à Moché pour dire. Et toi parle aux enfants d’Israël pour dire : cependant mes Chabbats vous garderez, car c’est un signe entre Moi et entre vous pour vos générations, pour savoir que Je suis l’Eternel qui vous sanctifie ». (Exode – XXXI,14).
Suivons Rachi : « Bien que je t’aie demandé de leur donner des ordres concernant l’œuvre du Michkan, ne prends pas la chose à la légère en repoussant (en profanant) le Chabbat à cause de cette œuvre ». C’est pourquoi il est dit : « Cependant mes Chabbats vous garderez ». De cette juxtaposition nous apprenons que tous les travaux qui servaient à l’érection dumichkan sont ceux qui sont interdits le chabbat.
Avant de présenter ces travaux, une dernière remarque, à nos yeux, importante.
Qu’est-ce que le Michkan ? Un lieu de résidence pour Dieu. D. a-t-il besoin d’un palais ? Comme le dira le prophète Isaïe (CXVI) : « Les cieux constituent Mon trône et la terre Mon piédestal, quelle maison Me construirez-vous, quel lieu pour Mon repos ? ».
Alors une maison pour quoi faire ? Pour que l’homme se rappelle sa véritable mission face au Créateur : faire de ce monde la résidence divine. Toute l’activité économique (travailler pour manger, pour s’habiller, pour se loger) ne vise qu’un but : construire la maison fraternelle entre tous les hommes, un monde où la Chékhina, la Présence divine (littéralement « la résidante ») pourra être perceptible au milieu de la paix. Le Temple va devenir la préfiguration de ce monde réalisé, idéal, utopique. Tous les travaux qui servent à son érection sont justement les travaux de l’espace économique. Mais durant le Chabbat, même la réalisation de cette œuvre idéale est suspendue. Pourquoi ? Car le Chabbat est un signe entre Moi et entre vous, il souligne le dépassement que l’homme doit réaliser pour rencontrer son Créateur.
Entrer au cœur d’une synagogue ne sert à rien si la synagogue n’entre pas dans le cœur. Tout élément matériel, aussi noble soit-il, porte toujours la trace d’un veau d’or possible. Le chabbat est l’anti-idolâtrie par excellence, c’est pourquoi il est fondateur de la foi d’Israël.
LES 39 TRAVAUX DENOMBRES DANS LE TALMUD
Les 39 travaux qui étaient nécessaires à la construction du Michkan (tels qu’ils sont dénombrés dans le Talmud) sont :
1- Semer
2- Labourer
3- Moissonner
4- Lier en
5- Battre le
6- Vanner
7- Nettoyer le grain
8- Moudre
9- Passer au
10- Pétrir
11- Cuire au four
12- Tondre
13- Laver la laine
14- Peigner la laine
15- Teindre la laine
16- Filer
17- Ourdir
18- Faire des boucles de tissage
19- Tisser deux fils
20- Séparer deux fils de la trame
21- Faire un nœud
22- Défaire un nœud
23- Coudre
24- Déchirer en vue de recoudre
25- Capturer un
26- Abattre la bête
27- Dépecer
28- Saler sa peau
29- Préparer la
30- Retirer les poils
31- Découper la peau
32- Ecrire
33- Gratter le parchemin pour écrire dessus
34- Construire
35- Démolir en vue de bâtir
36- Eteindre un feu
37- Allumer un feu
38- Donner un dernier coup pour achever un travail
39- Transporter d’un domaine privé dans un domaine public
Si nous voulons donner une vue synthétique de ces 39 travaux, nous constatons que nous avons :
* la préparation du pain (depuis les semailles jusqu’à la cuisson),
* la préparation du vêtement et de la chaussure (depuis la tonte de la laine jusqu’à la couture et depuis la capture de l’animal jusqu’à la découpe de la peau)
* l’écriture (la communication)
* la construction (le logement)
* l’utilisation du feu (la cuisson, la technique)
* la finition du travail (l’esthétique)
* le transport d’un domaine dans un autre (l’occupation et l’aménagement de l’espace).
Autrement dit, nous avons là les éléments de la culture humaine, ceux qui vont se mettre en place progressivement après le renvoi d’Adam et Eve du jardin d’Eden.
Ainsi, durant le Chabbat, le juif n’agit plus positivement sur son environnement, mais il le prépare avant le vendredi soir, de manière à se servir sans l’effort de production. La culture est un moyen d’accéder à la sainteté.
Se dessine là une sorte de retour à la situation édénique, quand les problèmes économiques ne se posaient pas encore. Cette situation est également considérée, selon la Tradition, comme une préfiguration du monde à venir (me’eïn olam aba), où l’humanité s’étant émancipée des exigences économiques, se vouera à la connaissance de Dieu. Une ère de la robotique, du partage des richesses, de l’indépendance économique des Etats, d’un savoir partagé, d’un dialogue fraternel entre les hommes et les peuples ? Une ère, en tout cas, où « les armes seront devenues des socs de charrues ».
Précisons que ces 39 travaux ne sont pas tous mentionnés clairement dans le texte écrit, c’est la tradition orale qui les dénombre. Si nous lisons la tora, nous ne trouverons effectivement que l’interdiction de bouillir ou de cuire au four (Ex. XVI,23), de labourer et de moissonner (Ex. XXXIV,21), de faire un feu (Ex. XXXV,3) et de récolter (Nb. XV,32). Il paraît cependant évident que Moché notre maître, paix sur lui, a du enseigner aux Hébreux ce qu’il était licite de faire et de ne pas faire durant cette journée. Et puisque le Michkan exigeait montage et démontage, déplacement des éléments, préparation des pains spéciaux (consommés par les prêtres), des sacrifices, des offrandes végétales, de l’huile d’onction aromatisée, des teintures des peaux et l’écriture de lettres distinctives pour la reconnaissance des différentes solives, il est facile d’arriver à ce nombre.
Pour le Midrash d’ailleurs, ce nombre 39 correspond à la valeur numérologique (gamatria) de « rosée », tal en hébreu, (l’alphabet hébraïque étant un alphabet chiffré, à chaque lettre correspond une valeur numérique, ainsi tal se décompose en têt (9) + lamed (30) = 39). La rosée est la bénédiction permanente de Dieu, ainsi le respect du chabat devient source de bénédiction pour Israël. « Quiconque se réjouit dans le Chabat, méritera une grande joie », la joie d’être serviteur d’Hachem.
Les pères et les fils
Ces 39 travaux qui étaient spécifiques au Michkan sont appelés dans le Talmud des avot, littéralement les «pères», c’est-à-dire les travaux originaux, et ceux qui en découlent, parce que s’y révèle une analogie de comportement, sont appelés toldoth, les « descendants ».
Ex. Pétrir de la farine et de l’eau est un travail principal, malaxer de la glaise et de l’eau constitue un travail dérivé.
La terminologie ici n’est pas fortuite. En effet, toute la finalité de l’Histoire pour la Bible est la réussite d’une fraternité entre les hommes, résoudre la querelle entre Caïn et Abel. Pour que les frères soient de bons frères, il est nécessaire qu’ils soient de bons enfants, ce qui implique que les pères soient de bons pères. L’expérience du Chabbat avec ses propres exigences rituelles appelle cette rencontre des générations (la table familiale, la vie communautaire, la prière ensemble, l’étude partagée). Si l’espace économique peut devenir le lieu de la lutte des classes, de la compétitivité outrancière, le Chabat est la redécouverte de la filiation des générations, «la proclamation de la liberté pour le fils et la fille», exprime un chant Chabatique.
Ainsi pour chacun des 39 travaux «pères»vont correspondre une série de travaux dérivés qui seront proscrits au même titre que les «géniteurs». Ce qui correspond bien à notre définition de mélakha, une « œuvre » contenant plusieurs travaux.
Pour la Torah, la transgression d’un de ces 39 travaux entraîne, après avertissement par deux témoins de haute moralité, la peine de lapidation (skila), c’est-à-dire le jugement des hommes, la transgression sans avertissement préalable, la peine de retranchement (karet), c’est-à-dire le jugement de Dieu.
A propos de la peine de mort
Pour nous modernes, la peine de mort pose un problème à la conscience morale. C’est en soi un signe de maturité de notre civilisation, (même si malheureusement la violence n’est pas absente de notre quotidien). A défaut de justifier, nous pouvons tenter d’expliquer cette sanction mentionnée dans nos textes. Dans la société biblique, le religieux et le politique sont intimement liés. Bien que les instances de pouvoirs soient séparées (le roi, le juge, le prêtre), le religieux est au centre de la cité, comme le Michkan était au centre du camp. La vocation d’Israël est de témoigner d’un message éthique au nom du monothéisme. Aussi certaines transgressions sur le plan religieux remettent en cause toute cette vocation. Le Chabbat est au cœur de la foi d’Israël, dans la mesure où il engendre non seulement une vision religieuse du monde (la création, l’alliance), mais également une vision politique, économique et sociale (travailler 6 jours et repos le septième, égalité sociale entre riche et pauvre, …). Sa transgression volontaire conduit donc à l’effondrement des valeurs sur lesquelles repose la société d’Israël. Précisons cependant que cette peine de mort a été rarement appliquée, et que les maîtres du Talmud l’ont rendue inapplicable par l’ensemble des conditions exigées. Disons que le principe de la peine de mort est une sorte de «mètre-étalon» qui souligne la gravité de telle ou telle faute.

Le Talmud Torah

NOTRE MISSION
Notre réseau d’enseignement juif est destiné aux garçons et filles à partir de 6 ans qui fréquentent l’école publique.
L’ambition de cette mission éducative est de transmettre aux enfants les valeurs millénaires du judaïsme, afin qu’ils puissent plus tard conjuguer les exigences de la modernité avec leur identité juive.
Par l’apprentissage de l’hébreu traditionnel et, dans certaines synagogues, de l’hébreu moderne, nous voulons permettre aux élèves d’aborder nos textes sacrés, mais aussi de fortifier le lien indéfectible que nous avons avec l’Etat d’Israël.
L’histoire juive avec ses prolongements contemporains, fait partie bien évidemment de notre programme.
Les fêtes, leurs significations, leur déroulement, leurs rites et coutumes occupent une place prépondérante dans notre enseignement.
Téléchargements:
En partenariat avec l’A.U.I

Pour les enfants:

Un Alphabeth hébraïque en forme d’animaux. Très ludique pour permettre à vos enfants d’apprendre l’Ivrith tous en s’amusant.
PDF: didactique_animaux

Le premier livre de prière (Sidour) pour votre enfant dès 3 ans.
PDF: didactique_premierepriere



Pour préparer sa Bar Mitzva :

Un dossier pour aborder l’univers de la Bat et de la Bar Mitzva par le biais des fêtes de Tichri
PDF: didactique_barmitzvatichriRosh Hachana pour que votre enfant intègre le sens de la fête à vos cotés.
PDF: didactique_roch


Hannoukka la fête des lumière : Un dossier avec des dessins des coloriages et des tas d’autres jeux autour de la fête.
PDF: didactique_hanoukah

LE MIKVE

LE MIKVE
 
Mikvé, définition : bain de purification rituel. Les femmes juives ont l’obligation de s’y rendre une fois par mois, et les hommes s’y rendent en général la veille du Chabat et des jours de fête religieuse.
L’eau du mikvé peut être d’origine souterraine : source, puits, nappe phréatique, ou provenir de pluie de neige ou de glace fondue (mais uniquement si elle est recueillie dans un bassin). L’eau de mer ou de rivière possède les mêmes capacités de purification.
On utilise aussi l’eau du mikvé pour y plonger des ustensiles de cuisine et les rendre ainsi propres à la consommation alimentaire (cacher). L’importance de la présence d’un mikvé dans une communauté est telle que pour financer sa construction, on est même en droit de vendre une synagogue !

Horaires des Offices

בסד

SemaineChabbat
Guemara בבא מציעא06h15
שׁחרית Chahrit07h8h
Etude quotidienne תן חלקנו8H15-8h30
מנחה Minha18h18h30
ערבית Arvit19h
Guemara סוטה19h25

Calendrier Hébraïque

La date des fêtes Juives ne change pas d’année en année. Les fêtes juives sont célébrées le même jour du calendrier Juif chaque année, mais l’année lunaire du calendrier Juif n’est pas de la même longueur que l’année solaire du calendrier Gregorian employé dans la plupart du monde occidental.
Origine et Histoire:
Le calendrier Juif est basé sur l’année lunaire, chaque mois commençant à la nouvelle lune. Rosh H’odésh, le premier du mois, commence quand le premier ruban de lune devient visible après le noir de la lune.
Le problème avec des calendriers lunaires est qu’il y a approximativement 12,4 mois lunaires pour chaque année solaire, donc un calendrier de 12 mois lunaire perd environ 11 jours chaque année. Les mois « dérivent » par rapport à l’année solaire. Sur le calendrier de 12 mois, le mois de Nissan, que l’on estime à l’arrivée du Printemps, arrive 11 jours plus tôt chaque année, amenant en fin de compte en Hiver, l’automne, l’Été et ensuite le Printemps de nouveau. Pour compenser cette dérive, un mois supplémentaire est de temps en temps ajouté : un deuxième mois d’Adar. Le mois de Nissan arrivera 11 jours plus tôt pendant deux ou trois ans et avancera ensuite de 29 ou 30 jours, pour équilibrer la dérive.
Au quatrième siècle, Hillel a établi un calendrier fixe basé sur des calculs mathématiques et astronomiques. Ce calendrier, toujours en utilisation, a standardisé la longueur des mois et le complément de mois pour la durée du cycle de 19 année, pour que le calendrier lunaire s’aligne avec les années solaires. Adar II est ajouté en 3ème, 6ème, 8ème, 11ème, 14ème, 17ème et 19ème années du cycle. Le Nouvel An qui a commencé lundi, le 25 septembre 1995 (l’année civile Juive 5756) était la 18ème année du cycle. L’année juive 5758 (commençant le 2 octobre 1997) était la première année du cycle suivant. De plus, Yom Kippour ne doit pas être adjacent à un Shabbat, parce que cela causerait des difficultés dans la coordination entre Shabbat et Hoshanah Rabba qui ne doit pas tomber en Shabbat parce qu’il gènerait pour les observances du jour férié. Un jour est ajouté au mois d’Heshvan ou soustrait du mois de Kislev de l’année précédente pour empêcher cela.
Numérotation des années Juives:
Le nombre de l’année sur le calendrier Juif représente le nombre d’années depuis la création, calculé en additionnant les âges des personnages de la Bible depuis les temps de la création.
« Le premier mois » du calendrier Juif est le mois de Nissan, au printemps, quand Pâque arrive. Cependant, le Nouvel An Juif est à Tishri, le septième mois et c’est alors que le nombre d’année est augmenté. Le calendrier Juif a des points de départ différents pour des buts différents.
Mois de l’année Juive:
MoisDuréeEquivalent Grégorien
Nissan30 joursMars-Avril
Iyar29 joursAvril-Mai
Sivan30 joursMai-Juin
Tammouz29 joursJuin-Juillet
Av30 joursJuillet-Août
Eloul29 joursAoût-Septembre
Tishri30 joursSeptembre-Octobre
H’eshvan29 ou 30 joursOctobre-Novembre
Kislév30 ou 29 joursNovembre-Décembre
Tévét29 joursDécembre-Janvier
Shevat30 joursJanvier-Février
Adar29 ou 30 joursFévrier-Mars
Adar II29 joursMars-Avril
Durant les années bissextiles, Adar a 30 jours. Dans des années non-bissextiles, Adar a 29 jours. La longueur d’Heshvan et Kislév est déterminée par des calculs complexes impliquant le temps de jour de la pleine lune de Tishri de l’année suivante et le jour de la semaine oùTishri arrivera l’année suivante. Notez que le nombre de jours entre Nissan et Tishri est toujours le même. En raison de cela, le temps séparant la première fête majeure (Pâque en Nissan) de la dernière fête majeure (Soukkot en Tishri) est toujours le même.

Notre Boucherie

La makolette est ouverte les mardi et jeudi de 17h30 à 19h30
Jacques NAKACHE, Jason AMAR et Stéphane ASSARAF  sont là pour vous conseiller et vous informer sur les prochains arrivages de viande,charcuterie,fromage,vin,et épicerie.
Pour tout renseignement,vous pouvez les joindre aux heures d’ouverture au 0596 61 71 36.

LA CACHEROUT

Il revient au Beth Din de veiller à toutes les étapes des processus d’élaboration des produits cacher. Le système de surveillance de la cacherout en France est un réseau dense et homogène. Il implique la présence d’un personnel rituel qualifié dans de nombreux endroits.
* les cho’hatim (sacrificateurs) et machgui’him (surveillants) lors de l’abattage des bêtes,
* les surveillants dans les très nombreux points de vente de consommation (restaurants, traiteurs, boucheries, boulangeries et autres magasins).
QU’EST-CE QUE LA CACHEROUT ?
La cacherout, (de la racine cacher = valable) désigne l’ensemble des règles alimentaires juives. Ces règles se trouvent mentionnées dans la Torah (Pentateuque) et sont développées dans la Tradition orale, le Talmud.
Les domaines de la cacherout sont :
1. Le choix des animaux.
2. L’interdiction de mélanger le lait et la viande.
3. L’interdiction de consommer le sang – i.
4. L’interdiction de consommer certains fruits ou légumes dans certaines circonstances.
5. Les règles concernant les ustensiles.
Les raisons qui justifient ces pratiques ne sont pas à chercher dans l’hygiène alimentaire (bien qu’il soit évident que ce principe est inclus dans la cacherout), mais dans la volonté du fidèle de mettre son corps et sa volonté au service de l’Eternel. C’est pourquoi on peut parler de la kacherout comme d’une « diète éthique ».
Attention : il ne suffit donc pas que la viande soit autorisée à la consommation : encore faut-il passer par sacachérisation, processus qui consiste à retirer le sang d’une viande par procédé de salage ou de grillage. Ainsi, le veau par exemple est cacher, mais on ne le consommera que lorsqu’on l’aura cachérisé.
SOURCES BIBLIQUES
« Tu ne feras pas cuire le chevreau dans le lait de sa mère »
(Exode Chémoth XXIII, 19.)
« Et vous ne consommerez pas le sang dans toutes vos demeures, ni de l’oiseau, ni de l’animal terrestre. »
(Lévitique Vayikra VII)
«L’Éternel parla à Moïse et à Aaron, en ces termes : « Parlez aux enfants d’Israël, et dites-leur :
Voici les animaux que vous mangerez parmi toutes les animaux qui sont sur la terre. Vous mangerez de tout animal qui a le sabot fendu, le pied fourchu, et qui rumine. Mais vous ne mangerez pas de ceux qui ruminent seulement, ou qui ont le sabot fendu seulement.
Ainsi, vous ne mangerez pas le chameau, qui rumine, mais qui n’a pas le sabot fendu : vous le regarderez comme impur. Vous ne mangerez pas le daman, qui rumine, mais qui n’a pas le sabot fendu : vous le regarderez comme impur. Vous ne mangerez pas le lièvre, qui rumine, mais qui n’a pas le sabot fendu : vous le regarderez comme impur. Vous ne mangerez pas le porc, qui a le sabot fendu et le pied fourchu, mais qui ne rumine pas : vous le regarderez comme impur. Vous ne mangerez pas de leur chair, et vous ne toucherez pas leurs cadavres : vous les regarderez comme impurs.
Voici les animaux que vous mangerez parmi tous ceux qui sont dans les eaux. Vous mangerez de tous ceux qui ont des nageoires et des écailles, et qui sont dans les eaux, soit dans les mers, soit dans les rivières. Mais vous aurez en abomination tous ceux qui n’ont pas des nageoires et des écailles, parmi tout ce qui se meut dans les eaux et tout ce qui est vivant dans les eaux, soit dans les mers, soit dans les rivières. Vous les aurez en abomination, vous ne mangerez pas de leur chair, et vous aurez en abomination leurs cadavres. Vous aurez en abomination tous ceux qui, dans les eaux, n’ont pas des nageoires et des écailles.
Voici, parmi les oiseaux, ceux que vous aurez en abomination, et dont on ne mangera pas : l’aigle, l’orfraie et l’aigle de mer ; le milan, l’autour et ce qui est de son espèce ; le corbeau et toutes ses espèces ; l’autruche, le hibou, la mouette, l’épervier et ce qui est de son espèce; le chat-huant, le plongeon et la chouette ; le cygne, le pélican et le cormoran ; la cigogne, le héron et ce qui est de son espèce, la huppe et la chauve-souris. Vous aurez en abomination tout reptile qui vole et qui marche sur quatre pieds. Mais, parmi tous les reptiles qui volent et qui marchent sur quatre pieds, vous mangerez ceux qui ont des jambes au-dessus de leurs pieds, pour sauter sur la terre. Voici ceux que vous mangerez : la sauterelle, le solam, le hargol et le hagab (animaux inconnus aujourd’hui), selon leurs espèces.
Vous aurez en abomination tous les autres reptiles qui volent et qui ont quatre pieds. Ils vous rendront impurs : quiconque touchera leurs corps morts sera impur jusqu’au soir, et quiconque portera leurs corps morts lavera ses vêtements et sera impur jusqu’au soir. Vous regarderez comme impur tout animal qui a le sabot fendu, mais qui n’a pas le pied fourchu et qui ne rumine pas : quiconque le touchera sera impur. Vous regarderez comme impurs tous ceux des animaux à quatre pieds qui marchent sur leurs pattes : quiconque touchera leurs corps morts sera impur jusqu’au soir, et quiconque portera leurs corps morts lavera ses vêtements et sera impur jusqu’au soir. Vous les regarderez comme impurs. Voici, parmi les animaux qui rampent sur la terre, ceux que vous regarderez comme impurs: la taupe, la souris et le lézard, selon leurs espèces ; le hérisson, la grenouille, la tortue, le limaçon et le caméléon. Vous les regarderez comme impurs parmi tous les reptiles : quiconque touchera leurs cadavres sera impur jusqu’au soir » ».
(Lévitique Vayikra XI)
« Je suis l’Eternel qui vous ai distingués des peuples, et vous distinguerez entre la bête pure et impure et entre l’oiseau pur et impur et vous ne souillerez pas vos personnes par des bêtes, des oiseaux ou des rampants que J’ai distingué pour l’impureté, et vous serez saints pour Moi, car saint Je suis l’Eternel et Je vous ai distingué pour être à Moi. »
(Lévitique Vayikra XX)
HISTOIRE DE LA CACHEROUT
Adam et le fruit interdit
Adam reçoit comme commandements : « Croissez et multipliez » et « de tous les arbres du jardin tu mangeras, mais l’arbre de la connaissance du bien et mal, tu ne mangeras pas ». La reproduction et la nourriture sont les actes les plus naturels puisque nécessaires à la survie de l’espèce, mais ici ils sont élevés au rang de mitsva. Parmi tout ce qui est possible de consommer par l’homme, D. met une restriction sur l’arbre de la connaissance du bien et mal. La conscience morale naît quand l’homme est capable de se refuser ce qui lui naturellement licite. Par-là, il se distingue catégoriquement de l’animal qui, mu uniquement par son instinct, ne connaît pas ce genre de conduite.
Tel est le sens de la réponse que le père donne au fils sage, le soir de Pessah. Au « Quel est le sens des lois de témoignage, des décrets et des lois sociales mentionnées dans la Torah?», le père répond : « On ne mange plus après l’afikomane » (ce morceau de matsa consommé après le repas, qui symbolise l’agneau pascal et qui marque la fin de toute consommation jusqu’au lendemain). La réponse paraît étrange face à la question. En fait, le père répond de façon globale : « Mon fils si tu veux saisir le sens des commandements (taamé hamitsvoth), il suffit de comprendre le sens de l’afikomane : mettre une limite à son appétit de vivre, à sa jouissance totalitaire ». La limite permet de se situer par rapport à D. qui a donné l’ordre, mais également par rapport au prochain qui lui aussi à son propre appétit de vivre.
Noé et la viande
Avec Noé, une nouvelle étape est franchie. En effet, Adam et ses descendants sont reconnus comme végétariens. Même après le renvoi du jardin d’Eden, Adam doit manger le pain « à la sueur de ses narines », la chair n’est toujours pas consommée. Après le Déluge, après que les hommes eurent prouvé qu’ils étaient capables de « s’entre-dévorer », le Créateur offre une nouvelle législation : « comme l’herbe des champs, Je vous donne le tout (tous les animaux) » (Genèse. IX,3). Avec une restriction cependant : l’interdiction d’arracher le membre d’un animal vivant (cette restriction fait partie des sept lois de Noé qui concernent toute l’humanité).
Ainsi la consommation de la viande devient une tolérance par rapport au projet initial du Créateur qui souligne que D. préfère des carnivores qui se respectent que des végétariens violents.
Israël et la Torah
En tant qu’Israël nous n’échappons pas à la règle. Depuis la sortie d’Egypte, date de naissance de notre identité collective, nous avons reçu des lois alimentaires spécifiques. Ainsi, juste avant la dernière plaie, D. demande de préparer un agneau pour le sacrifice, sacrifice qu’il faudra consommer circoncis. Aux premiers commandements de l’humanité :    « croissez et multipliez » et « de tous les arbres du jardin tu mangeras, mais l’arbre de la connaissance du bien et mal, tu ne mangeras pas », répondent ces deux premiers commandements d’Israël liés à la sexualité et la consommation.
Mais c’est au Sinaï, que des règles alimentaires plus détaillées seront offertes, que l’on peut ainsi résumer.
1. Le choix des animaux : mammifères ayant le sabot fendu, poisson à écailles et nageoires, oiseaux de basse-cour.
2. Interdiction de mélanger le lait et la viande.
3. Interdiction de consommer le sang.
4. L’on peut y ajouter toutes les lois qui concernent la terre d’Israël (comme les plantations des trois premières années, les lois concernant les pauvres, etc.).
SENS GENERAL DE LA CACHEROUT
La Torah ne donne aucune raison spécifique aux règles alimentaires. Pourquoi seuls les mammifères ayant sabots fendus ? Pourquoi le lait ou la viande (provenant d’animaux licites évidemment) sont-ils permis alors que leur mélange devient interdit ? Nous n’aurons jamais la réponse. Il s’agit là d’un hok ou décret divin. Bien sûr, cela ne nous empêche pas d’essayer d’en donner un sens moral, religieux, voire mystique. Au fond, la Torah justifie de manière globale ces règles à la fin de la paracha « Chémini » :
« Car Je suis l’Eternel votre Dieu, et vous sanctifierez et vous serez saints, car saint Je suis, et vous ne rendrez point impurs vos âmes (nefech) par tout reptile rampant sur terre. Car Je suis l’Eternel qui vous ait fait monter du pays d’Egypte afin d’être votre Dieu, et vous serez saints, car saint Je suis. Voici l’enseignement concernant l’animal et l’oiseau et toute âme (nefech) vivante qui rampe dans les eaux et toute âme qui pullulent sur la terre. Afin de faire séparation entre l’impur et le pur, entre l’animal mangé et l’animal que tu ne mangeras pas » (Lv. XI, 44 à 47).
La raison invoquée est de soumettre l’instinct animal de l’homme, ce que la Bible nomme le nefech, le souffle, à la volonté du Créateur. En d’autres termes, la seule justification est le service désintéressé de l’Eternel. Monter du pays d’ « Egypte », dont le nom signifie en hébreu « double fermeture », implique de sortir du culte des forces de la nature, et de passer au service de D. Cette distinction d’Israël, souvent objet de critique des antisémites, n’a nullement pour fonction de mépriser le reste de l’humanité, mais bien au contraire de rappeler à la communauté d’Israël son rôle de témoin de D. aux yeux des nations. Cela passe aussi par l’assiette.
CIRCUIT DE DISTRIBUTION DE LA VIANDE CACHER
1 – Choix des animaux :
– Animaux terrestres : Mammifères ruminants ayant les sabots fendus, qu’ils soient domestiques ou sauvages comme le chevreuil, le daim, la girafe, etc. L’absence d’un seul signe invalide l’animal.
– Animaux marins : Poissons possédant écailles et nageoires. L’absence d’un seul signe invalide l’animal. Sont exclus également les crustacés, les mollusques, etc.
– Volatiles : Les oiseaux de basse-cour. Principe halakhique, ce qui sort du pur est pur, ce qui sort de l’impur est impur (par exemple l’œuf d’autruche est interdit comme l’autruche.)
2- Mode d’abattage :
– Pour les poissons : la sortie de l’eau est suffisante.
– Pour les animaux terrestres ou les oiseaux : il faut précéder à la chéhita ou jugulation qui consiste à trancher la majorité de l’œsophage et de la trachée artère avec un couteau effilé. Le choheth ou abatteur rituel possède une technique parfaite ainsi qu’une connaissance anatomique de l’animal. Le but de la chéhita, tant décriée par les associations de défense des animaux, est de ne pas faire souffrir l’animal, puisque la jugulation vide instantanément le cerveau de son sang et donc supprime toute douleur.
– Les bêtes sont abattues dans les abattoirs nationaux. Le choheth qui possède un droit d’abattage est assisté d’un surveillant (machgiah) qui surveille le circuit de la viande dans la chaîne de découpage depuis l’abattage jusqu’au transport dans les boucheries cacher. A chaque étape, il pose un signe sur la viande pour ne pas la perdre dans le circuit des viandes.
3 – Statut de la viande.
Après l’abattage, la viande peut avoir plusieurs statuts :
· Taref : (déchiré), l’abattage est raté ou la viande révèle des anormalités internes.
· Cacher : L’intérieur de la bête est correct, mais le poumon présente une perforation si la plèvre n’est pas percée, l’animal est déclaré cacher.
· Halak (ou glatt) : Le poumon est sans défaut, il est lisse.
Remarque : en général, les séfarades consomment le halak selon l’opinion du rabbi Yossef Caro. Le halakn’existe que pour le gros bétail. Dire que le veau, le poulet ou des biscuits sont glatt kacher est un abus de langage.
4 – Dans les boucheries
Le boucher peut vendre la viande fraîche à la coupe – à l’acheteur alors de cachériser la viande – ou alors vendre la viande déjà cachérisée. Penser toujours à se renseigner.
Les merguez, les charcuteries, les congelés, les produits sous cellophane sont déjà cachérisés.
OUVRAGES DE REFERENCE
Gilles Bernheim, Un Rabbin dans la cité Ed. Calmann-Levy
Ernest Gugenheïm, Le judaïsme dans la vie quotidienne, Ed. Albin Michel.
Gérard Haddad, Manger le livre, Ed. Grasset
Philippe Haddad, La Kacherout ou la diète éthique, Ed. Biblieurope
Isthak Yossef, Issour veeter (en hébreu), Yéchiva Or vaderekh.

La liste Cacher

ATTENTION :
 Les produits mentionnés sur chacune des listes qui suivent sont autorisés par la  communauté juive du pays. Mais elles sont sujettes à modification, et nous vous invitons donc à faire preuve de vigilance en consultant régulièrement les sites internets qui tiennent compte des mises à jour.
 

Beth Din de Paris – Grand Rabbinat de Paris
Liste des produits sélectionnés: