Bar Mitzva

Bar Mitzva

 

La Bar Mitsva
La bar mitsva est une cérémonie religieuse qui officialise l’entrée du garçon comme membre majeur au sein de la communauté d’Israël.
A 13 ans pour les garçons, les jeunes gens, après une préparation d’un an, seront honorés par un office.
Chaque synagogue a sa manière de célébrer l’évènement, l’essentiel est que l’adolescent se sente pleinement responsable de son identité et fière de son appartenance à un peuple plusieurs fois millénaire, qui reçut la parole divine en sortant d’Egypte.
La Bar-Mitsva marque une étape importante dans la vie de votre enfant. Elle est le fruit d’une éducation de plusieurs années.
Dans le cadre du Talmud Tora, votre fils recevra un diplôme attestant de sa conscience de prise de responsabilités au sein du peuple juif.
LA PREPARATION A LA BAR MITSVA
Introduction
       
L’enfant atteint sa majorité religieuse à treize ans révolus. A cet age, il devient responsable de lui-même, est soumis à l’accomplissement des mitsvot positives et est rétribué pour la transgression des mitsvot négatives.
Bien que l’âge de la majorité religieuse ait été transmis oralement à Moïse au mont Sinaï, nos sages voient également une allusion dans le verset suivant :
« … deux des fils de Jacob, Siméon et Lévi, frères de Dina prirent chacun (Iche) leur épée et marchèrent contre la ville avec assurance… »
La Torah n’a soumis à ses commandements que celui qui est appelé Iche (homme). Or Lévi était agé à cette époque de treize ans et la Torah lui confère le qualitatif de Iche. On en a déduit qu’à treize ans, on est majeur et soumis à l’accomplissement des commandements.

Le Talit
    
Le Talit, comme le Talit katan, est un vêtement rectangulaire aux quatre coins duquel sont attachés les tsitsit. On met le Talit pour l’office du matin.
Avant de s’en envelopper, on récite la bénédiction suivante :
« Baroukh ata adonaï, élohénou, mélékh aolam, acher kidéchanou bémitsvotav, vétsivanou léhitatef betsitsit ».
« Béni sois-Tu Eternel notre D. roi du monde, qui nous as sanctifié dans tes commandements, et nous as ordonné de nous reocuvrir des tsitsit« 

Il est préférable d’avoir un Talit en laine afin d’accomplir cette mitsva telle qu’elle est prescrite par la Torah.
Il est possible de faire la bénédiction sur le Talit dès l’aube, à partir du moment où, d’une distance de deux mètres, on peut distinguer une personne vaguement connue de tous.

 
Les Tephilines
     
Les Téphilines (ou philactères) sont des objets cubiques en cuir que nous attachons à l’aide de lanières, l’un sur le biceps du bras gauche (sur le bras droit si l’on est gaucher), face au coeur, l’autre à la tête, entre les yeux.
La Téphila de la main (chel yad), contient un parchemin sur lequel sont inscrits les quatre passages de la Torah qui mentionnent cette mitsva :
   1. Deutéronome 6, versets 4 à 9
   2. Deutéronome 11, versets 13 à 21
   3. Exode 13, versets 1 à10
   4. Exode 13, versets 11 à 16,
La Téphila de la tête (chel roch) est divisée en quatre compartiments dans chacun desquels on introduit un seul des quatre passages cités ci-dessus. Sur les côtés latéraux de la Tephila de la tête apparaît en relief la lettre Chin : celle de droite a 3 branches, celle de gauche en a 4.
Tous les jours, à l’exception du Chabbat et des jours de fêtes, à l’office du matin et après s’être enveloppé du Talit, on met les Téphilines.
On pose d’abord la Téphila chel yad sur le biceps, on serre la lanière et, avant de l’enrouler autour du bras, on récite la bénédiction suivante :
« Baroukh ata adonaï, élohénou mélékh aolam, acher kidéchanou bémitsvotav, vétsivanou lehania’h tephilin »
« Béni sois-Tu Eternel notre D. roi du monde, qui nous as sanctifié dans tes commandements et ordonné de mettre les téphilin »

 

Cimetiere

Cimetiere

ACHAT DE LA CONCESSION

La Torah nous rapporte que notre patriarche Abraham a tenu à acheter sa concession et celle de ses proches à un prix très élevé.

De cet enseignement, nous apprenons l’importance de se soucier le plus tôt possible de posséder de son vivant sa propre concession pour  » après 120 ans « .

 

Cela sans aucune aprehension bien au contraire, car cette action est d’une excellente augure pour la longévité. Les différentes communautés proposent à leurs membres des concessions à des prix dégressifs en fonction de leur âge.

Attention ne peuvent être enterrés que ceux qui possèdent une concession. Renseignez-vous auprès de votre communauté.

Kaddish

Kaddish

Aspect historique

Bien qu’il soit difficile de dater la naissance d’une prière, la formulation simple en langue araméenne (kaddish signifie « saint »), l’absence d’une demande de reconstruction du Temple ou du retour des exilés suggère que le Kaddish fut rédigé en Babylonie, à l’époque du second Temple, alors que la Judée se trouvait sous domination romaine. La similitude avec le « notre Père » chrétien qui exprime cette attente messianique si forte à l’époque, confirme cette datation.

Selon le Talmud, le Kaddish fut d’abord établi pour clore une étude ou une homélie aggadique, louer l’Éternel et bénir les Maîtres, il arrivait même, que l’on mentionnât nominativement un sage particulier tel le chef religieux de la diaspora (rech galouta). Dans la liturgie yéménite on a retrouvé le nom de sages vénérables comme Maïmonide.

La première mention du Kaddish en tant que partie de l’office, se trouve dans le traité Sofrim (Scribes) (IIIe siècle). À l’époque des Guéonim (VIIe siècle), le Kaddish était déjà codifié puisqu’il exigeait qu’il soit récité debout, en  présence d’un minyan, ou quorum de dix hommes majeurs religieusement.

Le Kaddish dans la prière
   
Depuis cette date, le Kaddish marque les différentes étapes de la prière, les mystiques parlant des différents niveaux de dévotions liés aux sphères supérieures. Dès lors, le Kaddish devient une sorte de station où tous les fidèles se rassemblent, lorsque attentifs aux mots du ministre officiant, ils répondent à l’unisson “Amen”. Cette idée mérite notre attention, car l’une des particularités de la prière juive est justement de traduire un équilibre entre la ferveur du particulier et la foi de la communauté.

Ce Kaddish occupe une telle place que le Talmud affirmera que quiconque répond “Amen” de toute la force de sa conviction verra ses fautes effacées, car le fidèle exprime clairement son acceptation de la royauté divine.

Construit à partir de versets tirés des Hagiographes (Psaumes, Job, Daniel), le Kaddish possédait à l’origine diverses formulations, jusqu’à ce que celle du séder rav Amram (ouvrage liturgique composé par ce rabbin babylonien) soit adoptée (IXe siècle).

Parmi les différences majeures entre les rites ashkénaze et séfarade, citons l’occultation dans le premier cas de la formule “que ton Messie approche”, qui fut le résultat de la censure chrétienne, qui affirmait bien sûr que le Messie était déjà venu.

Les différents Kaddish

A part le Kaddish des rabbins (Kaddish dérabanan), trois autres  furent élaborés par la Synagogue :

– Le demi-Kaddish (hatsi Kaddish) qui constitue en fait la première partie de tous les Kaddish, qui commence par : “ Que son grand Nom soit glorifié et sanctifié”. Cette louange sera entrecoupée par cinq “Amen”, prononcés par le public, le troisième se prolongeant par : “Que son grand Nom soit béni à jamais, d’éternité en éternité”,  formule qui est une réminiscence d’une pratique du Temple.

– Le Kaddish d’acceptation de la prière (Kaddish titkabal), prononcé après la Amida et à la fin de l’office et qui est une demande adressée à Dieu pour exaucer toutes les prières d’Israël.

– Enfin le Kaddish des orphelins (Kaddish yatom), traduit à tort par Kaddish des morts. En entendant la traduction l’on comprendra pourquoi cette appellation est fausse, puisque les défunts n’y sont jamais évoqués. C’est le lieu de rappeler que la tradition hébraïque ne connaissait aucun culte des morts (pas même dédié à Moïse), et que la prière pour « l’élévation de l’âme » est tardive (après l’exil de Babylonie)

En fait, le but de ce Kaddish, comme les autres rites de circonstance d’ailleurs, est d’aider les enfants à faire le deuil de l’être aimé et à réintégrer le chemin de la vie en acceptant le décret du ciel, comme dit le Talmud : “l’homme est tenu de bénir Dieu aussi bien pour le bonheur que pour le malheur”. La récitation du Kaddish est donc ici l’équivalent au tsidouk hadin ou acceptation de la justice divine. Si malgré tout ce Kaddish fut associé aux morts, c’est en raison des terribles massacres des Croisés au XIIIè siècle.

Pour être exhaustif, précisons qu’il existe un autre Kaddish des orphelins qui est récité après l’enterrement et qui exprime le vœu de voir la reconstruction du Temple et la résurrection des morts, Kaddish récité également durant le jeûne du 9 av, mais du fait de sa rareté et de sa difficile prononciation, seuls les plus orthodoxes le récitent.

Concluons cette courte présentation en évoquant la merveilleuse liturgie qui s’est construite autour de ce texte ; chaque communauté possède son air du Chabbat, des fêtes ou des Jours redoutables. Si la sainteté renvoie à la séparation et par conséquent à la théologie de l’altérité, le Kaddish est devenu la mélodie d’une rencontre où le chant de l’homme égrène sur le fil du temps les perles d’un amour intarissable.


LE KADDISH EN PHONETIQUE

     
Kaddish – Rite Achkenaz.    

Yisgadal veyiskadach chemé rabo, beolmo di vero khiroussé, veyamlikh malkhoussé be’hayékhon ouveyomékhon ouve’hayé dekhol bess yisroël, baagolo ouvizman koriv, veïmrou omen.

Yehé chemé rabo mevorakh leolom ouleolmé olmayo, yisborakh veyichtaba’h veyispoar veyisromam veyisnassé veyishadar veyissalé veyishalal chemé dekoudcho, berikh hou leélo min kol birkhosso vechirosso, touchbe’hosso vené’hémosso, daamiron beolmo, veïmrou omen.

Al yisroël veal rabonon veal talmidéhon, veal kol talmidé salmidéhon veal kol mon deoskin beoraysso di veasro hodèn vedi vekhol assar vaassar, yehé lehon oulekhôn chelomo rabo, ‘hino ve’hisdo vera’hamin ve’hayin arikhin oumezono revi’ho oufourkono min kodom avouhon di vichemayo (vearo), veïmrou omen.

Yehé chelomo rabo min chemayo ve’hayim olénou veal kol yisroël, veïmrou omen.

Ossé cholom bimromov hou yaassé cholom olénou veal kol yisroël veïmrou omen.

Kaddish Rite Sefarad

Yitgadal veyitkadach chemé raba, bealma di vera khirouté, veyamlikh malkhouté veyatsma’h pourkané vikarèv mechi’hé, be’hayékhon ouvéyomékhon ouve’hayé dekhol bet yisraël, ba
agala ouvizman kariv veïmrou amen.

Yehé chemé raba mevarakh lealam oulealmé almaya, yitbarakh veyichtaba’h veyitpaar veyitromam veyitnassé veyithadar veyitalé veyithalal chemé dekoudcha, berikh hou leéla min kol birkhata vechirata, tichbérata vené’hémata, daamiran bealma. veïmrou amen

Al yisraël veal rabanan veal talmidéhon veal kol talmidé talmidéhon deyatvin veaskin beoraïta kadichta di veatra haden vedi vekhol atar veatar yehé lana oulehon oulekhon chelama ‘hina ve’hisda ve’hayé arikhé oumézoné revi’hé vera’hamé min kodam élaha maré chemaya veara, veïmrou amen.

Yehé chelama raba min chemaya ‘hayim vessava vichoua vené’hama vechézava ourfoua oug’oula ousseli’ha vekhapara veréva’h vahatsala, lanou oulekhol amo yisraël, veïmrou amen.

Ossé chalom bimromav hou bera’hamav yaassé chalom alénou veal kol amo yisraël veïmrou amen.


LE KADDISH EN FRANCAIS

Texte traduit (Wikipedia) .

Magnifié et sanctifié soit le Grand Nom. dans le monde qu’Il a créé selon Sa volonté et puisse-t-Il établir Son royaume puisse Sa salvation fleurir et qu’Il rapproche son oint. de votre vivant et de vos jours et [des jours] de toute la Maison d’Israël promptement et dans un temps proche; et dites Amen.

Puisse Son grand Nom être béni à jamais et dans tous les temps des mondes. Béni et loué et glorifié et exalté, et élevé et vénéré et élevé et loué soit le Nom du Saint (Transcendant), béni soit-Il. au dessus (et au-dessus) de toutes les bénédictions et cantiques, et louanges et consolations qui sont dites dans le monde; et dites Amen.
Que soient reçues (acceptées) les prières et supplications de toute la Maison d’Israël devant leur Père qui Est au ciel, et dites Amen
Pour Israël et ses rabbanim et leurs étudiants (disciples) et tous les étudiants de leurs étudiants et tous ceux qui s’affairent dans la Torah ici et en tout autre lieu que soit [instaurée] sur eux et vous une paix abondante, la faveur et la grâce et la miséricorde et une vie longue une large subsistance et le salut de la part de leur Père aux cieux [et sur terre]; et dites Amen.
Qu’il y ait une grande paix venant du Ciel, [ainsi qu’]une [bonne] vie et la satiété, et la salvation, et le réconfort, et la sauvegarde et la guérison, et la rédemption et le pardon et l’expiation et le soulagement et la délivrance pour nous et pour tout Son peuple f Israël, et dites Amen.
Celui qui établit la paix dans Ses hauteurs, l’établisse [dans Sa miséricorde] parmi nous et sur tout [son peuple] Israël, et dites Amen

Le deuil

Le deuil

La mort d’un parent entraîne des règles de deuil, que nous allons présenter succinctement. Le rabbin chargé de la famille donnera tous les détails, en tenant compte éventuellement des coutumes ancestrales de chaque famille.
Nous pensons particulièrement aux coreligionnaires éloignés de toute communauté et qui utiliseraient notre site pour obtenir quelques informations.

La période du deuil
   
La période du deuil du point de vue de la halakha (loi juive) s’étend sur douze mois. Elle se divise en trois périodes, de 7 jours (chiv’a), de 30 jours (chlochim) et de l’année. S’ajoute par la suite la date commémorative du décès pour les années suivantes (hazkara ou jahrzeit).

– Période des 7 jours

Elle commence le jour de l’enterrement (avant le coucher du soleil) et s’achève le septième jour, à condition qu’un jour de fête (yom tov) ne vienne pas couper cette période (dans ce cas consulter le rabbin local ou nous écrire par e-mail).

Deux règles à retenir pour le calcul des 7 jours :

a) Dans le calendrier hébraïque le jour commence toujours la vieille (Chabbat, samedi débute toujours vendredi soir.)
b) Une partie d’un jour est considérée comme un jour entier.

Illustrons ces principes par un exemple :

Si une personne décède le 1er janvier, et est enterrée dans l’après-midi, le septième aura lieu le 7 janvier. Ce qui signifie que la prière du septième jour aura lieu le 6 janvier au soir (à la sortie des étoiles ou à la rigueur au coucher du soleil).
Le 7 janvier au matin, après l’office, montée au cimetière, récitation du kaddish, prière de deuil. Les endeuillés peuvent alors s’en retourner à la maison prendre une douche, se changer, etc.

Conduite à tenir pendant les 7 jours

Il existe neuf interdits pour la période des sept jours :

    * Travailler
    * Se laver et se frictionner
    * Porter des chaussures de cuir
    * Avoir des relations conjugales
    * Etudier la Torah
    * Saluer ou répondre à un salut
    * S’asseoir sur un siège haut
    * Laver et repasser des vêtements
    * Sortir de la maison (sauf pour aller réciter le kaddish à la synagogue)

Bien entendu, si pour des raisons professionnelles une personne ne peut s’absenter les sept jours complets, elle fera de son mieux, et la Torah pardonne en cas de force majeure.

 
– Période des 30 jours
    

La période des 30 jours commence le jour de l’enterrement et s’achève le 30ème jour, à condition qu’un jour de fête (yom tov) ne vienne pas couper cette période (dans ce cas consulter le rabbin local ou nous écrire par e-mail).

Ainsi, pour le cas considéré plus haut, le 29 janvier au soir (à la sortie des étoiles, ou à la rigueur au coucher du soleil) aura lieu la prière des 30 jours.
Le 30 janvier au matin, après l’office, montée au cimetière, récitation du kaddish, prière de deuil.
Conduite à tenir pour les 30 jours

 Il existe cinq interdits pour la période des sept jours :
   * Se couper les cheveux et la barbe

   * Participer à des réjouissances

   * Se marier

   * Porter des vêtements neufs

   * Saluer chaleureusement  En ce qui concerne les cheveux et la barbe, on peut les couper après les 30 jours à condition que des amis fassent une remarque désobligeante sur l’aspect négligé de l’endeuillé (Maran Yoré déa 395).

Cependant du fait que l’aspect extérieur participe des bonnes relations humaines et professionnelles, il sera licite de se couper les cheveux et la barbe au bout de 30 jours (Rama Yoré déa 390, 4).

 
– Période de l’année
   
Pour le père et la mère, les cinq interdits s’appliqueront durant douze mois.

La récitation du kaddish
    

Pour tous les défunts l’on récitera le kaddish pendant les 30 jours, mais pour son père ou sa mère on le récitera pendant onze mois et une semaine (il existe des règles coutumières en la matière ; un rabbin de votre communauté originelle peut vous en informer).

Le kaddish n’est pas une prière des morts, mais une glorification et une sanctification du nom divin, qui exprime malgré la douleur de la perte, notre confiance en Son jugement de vérité et notre attente sincère d’assister à la proclamation de Sa royauté ici-bas.

Il existe différents types de kaddish, l’endeuillé s’efforcera de réciter le kaddish des orphelins (kaddish yatom) tous les jours de l’année, à la fin de l’office.

Remarque : on tient compte de douze mois pour ses parents et non d’une année (cette remarque est justifiée par le fait qu’il existe des années de 13 mois dans le calendrier hébraïque).

L’office commémoratif – La hazkara

    

Chaque année à la date anniversaire du décès (et non de l’enterrement) en date hébraïque, on organisera un office à la mémoire du défunt. Cette cérémonie se nomme hazkara (souvenir) en hébreu ou jahrzeit en yiddish.

Il est de coutume de jeûner pour ses parents le jour anniversair
e (sauf Chabbat et fêtes).

Il est de coutume de se rendre à la synagogue le Chabat qui précède la hazkara et d’y réciter le kaddich à la mémoire du défunt.

Et que l’Eternel console les endeuillés de Sion !

HEVRA KADICHA

La hevra kadisha

 

HEVRA KADICHA
La Hévra kadicha est un groupe de personnes qui accomplissent volontairement les mitsvoth les plus difficiles de la Torah. Il s’agit notament de l’accompagnement des personnes au moment des derniers jours de leur vie, et de tout ce qui est lié au deuil et à la souffrance.

La Hévra kadicha intervient aussi dans l’aide aux plus défavorisés et assume donc l’enterrement des personnes isolées et sans ressources.

 

Procédure d’urgence

Procédure d’urgence

Procédure d’urgence

 

LORS DU DECES

Dès que le décès est reconnu et confirmé par un medecin, on recouvre le défunt d’un drap blanc et on le dépose à même le sol, pieds et main le long du corps. On place une bougie à proximité de la tête – les sepharadims ajoutent une bougie à côté des pieds. Dans tous les cas, une veilleuse sera allumée dans la maison où vivait le défunt.
Les lumières expriment l’immortalité l’âme et évoquent son accession au séjour céleste. Elles resteront allumées, selon les usages pendant sept jours, trente jours ou douze mois.

Si le décès a lieu entre le vendredi soir et la clôture du chabbat, l’on dépose d’abord un morceau de pain, sur le corps ou près du corps, sans placer les pieds et les mains le long du corps. On laissera le pain sur le corps jusqu’à la fin de chabbat et seulement alors l’on allumera les lumières.

 
Celle-ci la mettra en rapport avec l’un de ses préposés, auquel sera remis le livret de famille, afin de lui permettre de règler toutes les formalités administratives.

La famille remettra en vue de la TAHARA (toilette ou purification mortuaire) 4 draps, la sarguene’ss (vêtement mortuaire) et, pour un homme, le talith.

Si la famille ne possède pas de sarguene’ss, elle peut se la procurer chez les chamachim.

La date et l’heure des obsèques doivent être impérativement fixées avec le rabbin chargé de la cérémonie, en accord avec l’administration et les bedeaux.

L’usage veut que l’on recouvre les miroirs dans la maison de deuil.

L’on a aussi coutume de jeter toutes les eaux contenues dans les récipients entamés de la maison du défunt, ainsi que celle des maisons avoisinantes.

ACHAT DE LA CONCESSION

La Thora nous rapporte que notre patriarche Abraham a tenu à acheter sa concession et celle de ses proches à un prix très élevé.

De cet enseignement, nous apprenons l’importance, pour tout un chacun, d’avoir à coeur de se soucier, le plus tôt possible, de posséder de son vivant sa propre concession pour  » après 120 ans « .

Cela sans aucune appréhension, bien au contraire, car cette action est d’une excellente augure pour la longévité. Les différentes communautés proposent à leurs membres des concessions à des prix dégressifs en fonction de leur âge.

Attention : ne peuvent être enterrés que ceux qui possèdent une  concession. Renseignez-vous auprès de votre communauté.

Avant l’enterrement : ANINOUT

 
La période allant du décès jusqu’après l’enterrement est appelée ANINOUT.
La famille proche (parents, conjoints, enfants, frères et soeurs), occupée par les démarches et les préparatifs des obsèques, est donc ONENE (oppressée).

Ces personnes sont alors dispensées de tous les actes religieux positifs (comme la prière, le talith et les tefilines, la présence à la synagogue …).

Les interdits (travaux de chabbat, prescriptions alimentaires, cacherout …) restent, bien entendu, en vigueur.
De même, les ablutions du matin et celles qui précèdent la consommation du pain restent obligatoires, mais sans la récitation des bénédictions afférentes.

Durant cette période, le repas des membres de la famille frappée par le deuil ne comportera ni viande ni vin. Les relations intimes sont interdites.

Les règles de ANINOUT (interdits conjugaux exceptés) ne sont pas applicables chabbat et yom tov.
Le deuil proprement dit ne commence qu’après l’enterrement. Les onénims peuvent, jusque-là, régler les affaires en suspens, puisque sept jours durant, ils se consacreront ensuite au deuil sans sortir de chez eux.

Roch Hachana

Roch Hachana

 

Roch Hachana inaugure une période d’introspection personnelle qui va durer 10 jours jusqu’à Kippour. Il s’agit, pour chacun d’entre nous, de faire téchouva, c’est-à-dire de réfléchir sur le sens de sa vie, sur la manière de se conduire avec autrui et sur ses relations avec le créateur.

Etre un Juif au plein sens du terme ne signifie pas se contenter d’observer un rite avec zèle. Un Juif est avant tout un acteur dans la Cité. L’accomplissement du Juif se situe sur la manière dont il va se conduire avec son prochain.
Ce devoir d’équité se réalise pleinement dans la notion de tsédakaRoch Hachana, on procède à un examen de conscience. On tire un bilan sur l’année écoulée.
On s’engage à prendre un nouveau départ. c’est-à-dire de solidarité, de responsabilité et de justice.


Dates et horaires
Année hébraïque 5767 (2006-2007)
Samedi 23 et dimanche 24 septembre 2006 (fin : 20h 29).

Signification de Roch Hachana

Littéralement « tête de l’année », la fête se célèbre le 1er et le deuxième jour du premier mois de l’année, celui de tichri. Roch Hachana est aussi le nouvel an Juif qui commémore la création par Dieu de l’homme sur terre. Dans les temps anciens, la fête ne durait qu’un seul jour. Aujourd’hui, c’est la seule fête qui dure 2 jours en Israël comme en diaspora. Elle marque le début des 10 jours de pénitence dont la finalité est Yom Kippour.
Selon la Michna, le calendrier juif comporte quatre nouvel an :
•  Le 1er Nissan : c’est le nouvel an des rois (date à partir de laquelle était calculé le nombre des années du règne de chaque roi d’Israël).
•  Le 1er Eloul : date à laquelle on prélevait la dîme sur le bétail.
•  Le 15 Chevat : nouvel an des arbres.
•  Le 1er Tichri : date à laquelle on calculait les dates du Jubilé et des années chabbatiques.

Roch Hachana
est aussi désignée par quatre autres termes : Chabaton : jour de repos solennel. Zi’hron terouah : jour du souvenir proclamé par la sonnerie du chofar. Yom terouah : le jour de la sonnerie du chofar. Yom hadin : jour du jugement.
C’est en effet ce jour là que les rabbins ont développé cette notion que toutes les créatures de l’humanité sont jugées à Roch Hachana. Dieu donnant, en fonction des mérites de chacun, le droit de vivre et ses moyens d’existence. Le verdict définitif est rendu à Yom Kippour. C’est pour cette raison que ces jours sont appelés Yamim noraïm (jours terribles).
Cette notion de pénitence est matérialisée par le blanc, couleur de la pureté, pour tout Juif qui souhaite être pardonné par le créateur. Cette couleur s’applique à la nappe qui recouvre le lutrin sur lequel on lit la Torah, les manteaux des séfarim Torah, le rideau de l’arche sainte. Certains juifs s’habillent en blanc ou revêtent le kitel, sorte de robe portée également à Kippour et pour le séder de Pessah.
Sources bibliques

« Et l’Eternel parla à Moché en ces termes : Parle aux enfants d’Israël en ces termes : Et le septième mois, le premier du mois sera pour vous jour chômé, souvenir de sonnerie, appel de sainteté, vous ne ferez aucun travail, et vous approcherez des sacrifices au nom de l’Eternel. »
(Lévitique Vayikra XIX).
« Et le septième mois, le premier du mois sera un appel de sainteté pour vous, ce sera un jour de sonnerie. »
Sens
« A Roch Hachana, tous les habitants de la terre passent devant Lui comme le troupeau du berger, ainsi qu’il est dit : « Celui qui a façonné ensemble leur cœur, distingue tous leurs actes. » »
(Traité Roch Hachana 16a)
« Pourquoi sonne-t-on d’une corne de bélier à Roch Hachana ? Ainsi répond le Saint, béni soit-Il : Sonnez devant mois la corne de bélier, afin que Je me souvienne, pour vous, de la ligature d’Isaac fils d’Abraham et J’en tiendrai compte comme si chacun d’entre vous avait été lié devant Moi. »
(Ibid.)
« Trois livres sont ouverts à Roch Hachana, le premier pour les vrais pervers, un autre pour les justes parfaits et un troisième pour les individus moyens. Les justes parfaits sont immédiatement inscrits dans la livre de la vie, les méchants immédiatement inscrits dans la livre de la mort, quant aux moyens leur jugement est suspendu de Roch Hachana à Kippour, s’ils sont méritants ils sont inscrits pour la vie, s’ils ne sont pas méritants, ils sont inscrits pour la mort. »
(Ibid.)
« Les anges du service divin ont demandé au Saint, béni soit-Il : Maître du monde pourquoi Israël ne récite-t-il pas de chants de louange à Roch Hachana et à Kippour ? Il leur dit : Est-ce possible qu’au moment où le Roi est assis pour juger et devant qui les livres de la vie et de la mort sont ouverts, qu’Israël entonne des chants ? »
(Ibid. 32b)
« Bien que la mitsva de sonner le shoffar à Roch Hachana soit un décret divin, il s’y trouve une allusion, à savoir : « réveillez-vous de votre sommeil, et vous les endormis levez-vous de votre somnolence » faites un bilan de vos actes, revenez en repentir et souvenez-vous de votre Créateur. Et vous qui oubliez la vérité par la perte de temps, et qui perdez vos années en vanité et en leurre sans aucune valeur, observez votre âme, considérez vos conduites et vos fautes et que chacun abandonne son mauvais chemin et ses mauvaises pensées. »
(Rambam. Lois sur le repentir)
Déroulement de la fête
Mis à part le repas festif du premier soir, l’essentiel du rituel se déroule à la synagogue où l’on passe plus de la moitié des deux journées en prières, en Israël comme dans la Diaspora. On sonne le chofar sur la téba où on lit aussi la Torah. Auparavant, on récite sept fois le psaume 4.7, pour rappeler les sept tours que firent les Juifs autour de Jéricho avant que les murailles ne tombent au son du Chofar et les sept cieux à travers lesquels les prières doivent passer pour atteindre le trône de Dieu. Le psaume 4.7 est choisi car le verset 6 contient l’allusion : « Dieu est monté au milieu des cris, le Seigneur au son du chofar » Ce verset est invoqué pour expliquer qu’on tient l’instrument avec l’embouchure large vers le haut. Ensuite six vers sont récités, qui forment l’acrostiche « Ke’ha Satan » (déchire Satan). On sort de l’Aron hakodech les deux rouleaux de la Torah pour des lectures, incluant notamment, le deuxième jour, le récit de l’épreuve d’Abraham.
Les nombreux poèmes, (piyoutim) figurant dans la liturgie de Roch HachanaMoussaf, le service additionnel, est unique en ce qu’il comporte trois bénédictions centrales au lieu d’une seule comme pour toutes les autres fêtes. La première, Mal’houyot, de la racine de melekh (roi), décrit la souveraineté du créateur, que sa sainteté met à distance de ses créatures. Au contraire Zi’hrono nous montre que, malgré tout, « il s’est souvenu » de Noé, des fils des justes dans la souffrance. Il punit les méchants et récompense les bons. Le troisième, Chofarot, explicite l’importance des événements marqués par la sonnerie du chofar. Il insiste sur le fait que Dieu s’est révélé lui-même au Sinaï et qu’il se révélera à nouveau pleinement pour amener la fin des temps.
Jour du jugement, du souvenir et de la sonnerie du chofar, Roch Hachana est la plus solennelle des fêtes juives, comme le fait de sentir par exemple cette prière :
« Nous voulons relater la puissance de cette journée : elle est redoutable. En elle, Ta royauté s’élèvera et Ton trône sera fondé sur la justice. En vérité Tu es le juge et Tu as souvenir des choses tombées dans l’oubli. Tu ouvres le livre de l’histoire où sont consignés les actes scellés par la main de leurs auteurs humains. Soudain le chofar retentit, un bruit sourd se fait entendre. C’est le jour du Jugement ! Pareil aux moutons dénombrés leur berger, les hommes et leurs actes sont scrutés par Toi ; Tu fixes le délai pour chaque être vivant et Tu décides de son sort. A Roch Hachana, Tu l’inscris et à Kippour Tu apposes ton sceau : combien quitteront ce monde et combien y entreront. Qui vivra et qui mourra, qui à la fin de ses jours, qui prématurément, qui par le feu, qui par l’eau, qui par la guerre, qui par l’épidémie. Qui mènera une vie sédentaire et qui sera nomade. Qui sera serein et qui sera tourmenté. Qui sera élevé et qui sera abaissé. Qui sera tourmenté. Qui sera fortuné et qui sera indigent. Mais le retour (téchouva), la prière (téfila), et la justice (tsédaka), peuvent faire revenir Dieu sur sa décision. »
Le retour vers les valeurs juives
D’après la tradition, le 1er Tichri est la date anniversaire de la création du monde selon certains commentateurs, le jour où le premier homme a été créé selon d’autres.
Littéralement Roch Hachana signifie « tête de l’année ». C’est donc le moment où les hommes doivent faire une pause, réfléchir, se reprendre en mains, pour préparer un avenir meilleur.
Roch Hachana implique donc trois choses :
• La réflexion sur le passé impliquant la notion de téchouva (qui signifie un retour sur soi).
• Une réflexion sur l’avenir par une prière (Téfila) pleine d’espoir.
• L’action en multipliant les actes d’entraide, tels que la tsédaka.
Selon notre capacité à réaliser ces actes indispensables, nous engageons notre avenir, exprimé à travers la décision divine qui nous juge et nous inscrit dans le « livre de la vie », pour une vie meilleure. Tout dépend bien entendu de nous, nous construisons nous-mêmes notre avenir, dont nous sommes les détenteurs responsables.
Le jugement divin apparaît alors comme la résultante d’efforts personnels qui s’expriment traditionnellement par les actes de Téchouva, Téfila et Tsédaka.
La Téchouva
La racine du mot contient l’idée de retour. Il s’agit principalement d’un retour vers nos sources qui doit nous permettre de mieux nous situer par rapport au rôle que nous avons à accomplir en tant que Juif. Ré-évaluation de nos relations avec Dieu, avec les autres et avec nous-mêmes.
Roch Hachana vient nous rappeler que même si nous avons « manqué le but », il n’est jamais trop tard pour rectifier le tir et décider d’agir différemment en opérant un retour sur soi par la Téchouva.
La Téfila
Dans la tradition juive, la téfila n’est pas une série de demandes, de supplications et de louanges, elle correspond à une réflexion profonde, fondée sur un examen de conscience. Le terme lehitpalel signifie s’auto-juger et pas seulement prier. Au cours de la téfila, le Juif doit réussir à s’élever peu à peu, au point de parvenir à un véritable dialogue avec son créateur, sans avoir recours à son intermédiaire.

La Tsédaka

L’acte de tsédaka comprend, dans son essence, le principe même de justice par lequel on participe au rétablissement d’un certain ordre dans le monde. Ce n’est donc pas un mouvement de pitié envers son prochain. Lorsqu’il fait la tsédaka, le Juif accomplit un acte de justice pure. Il ne s’agit pas d’aider l’autre avec condescendance, mais au contraire de le faire avec humilité. La manière de l’aider aura autant d’importance que l’aide apportée.
(Texte réalisé avec le concours de Darki, une publication du keren Hasefer Vr-Halimoud édité par le STE et diffusé par Biblieurope).

Les Séli’hot
Les séli’hot sont des prières de repentir. On implore le pardon (séli’ha) de Dieu pour les pêchés commis. La tradition enseigne que Dieu aurait lui-même enseigné à Moïse les treize attributs de miséricorde. On retrouve ces attributs dans le livre de l’Exode : « Seigneur! Seigneur! Clément et miséricordieux, lent à la colère, plein de bienveillance et d’équité; il conserve sa faveur à la millième génération; il supporte le crime, la rébellion, la faute, mais ne les absout pas. »
Ces attributs forment le coeur de toute prière de pénitence et toute imploration du pardon divin.
A l’origine, ces séli’hot n’étaient récitées que pour Kippour et les autres jours de jeûne. A partir de l’époque des geonim (titre honorifique donné aux présidents des universités babyloniennes), on les récite tous les lundis et les jeudis.
Le Choul’hane arou’h (littéralement « table dressée »), est le code de la loi religieuse rédigé par Joseph Caro de Safed et annoté par Moïse Isserles de Cracovie. Il stipule que l’on se lève à l’aube durant les 40 jours (pour les séfaradim) qui précèdent Kippour, pour réciter les sélikhot. Les Achkénazim commencent à réciter les séli’hot le dimanche qui précède Roch Hachana. Les ‘hassidim ont la coutume de commencer les sélikhot par un office à 3 heures du matin le dimanche qui précède Roch Hachana.

Le séder de Roch Hachana



Les festivités de Roch Hachana débutent la veille au soir. Comme pour les autres fêtes, on se veut optimiste et plein d’entrain pour célébrer le nouvel an. Les communautés juives à travers le monde ne manquent pas de recettes originales.
Le séder (ordre) de Roch Hachana est plus ou moins copieux selon les communautés dont on est originaire. Le miel est omniprésent, comme accompagnement, pour chacun des aliments mis sur le plateau.
– Le séder commence toujours par le kiddouch. Il comprend une coupe de vin (du vin blanc pour certains, car il évoque la miséricorde).
– Immédiatement après, on fait la prière sur des ‘halots (parfois fourrées avec du raisin sec) choisies spécialement à cette occasion de forme arrondie (en forme de couronne pour rappeler la royauté de Dieu, mais aussi sans aspérités, pour une année pleine de douceur). On remplace le sel par le sucre. Dans certaines communautés d’origine achkénaze, on dessine sur la ‘hala un motif rappelant une échelle. Elle symbolise la montée de chaque Juif sur « l’échelle du jugement divin. » D’autres confectionnent des ‘halot en forme de spirale, pour rappeler la main tendue prête à recevoir le verdict divin, mais aussi la spirale de la vie vers laquelle chacun de nous est entraîné. En Afrique du Nord, on réalisait des pains en forme d’oiseaux, en souvenir du verset d’Isaïe : « comme les oiseaux, Dieu protègera Jérusalem ».
– La principale bénédiction se fait sur une pomme trempée dans du miel. On formule ainsi le souhait que l’année à venir soit bonne et douce. On retrouve la pomme au dessert dans le
« shtrudel aux pommes », la confiture de pomme, « l’apfelkrapfe » (chausson aux pommes alsacien). En Bulgarie, la bénédiction est faite sur une pomme cuite au miel.
Les Juifs d’Algérie, de Tunisie et du Maroc mangent des dattes « tamra ou tam » qui signifient en araméen « terminer », car nous espérons que l’influence de nos ennemis prenne fin.
– Après les fruits qui poussent dans les arbres, on consomme des légumes qui poussent en terre. C’est à travers ces aliments que nous souhaitons « que nos ennemis cessent de nous vouloir du mal ». Le rabbin Gérard Haddad précise : « Le destin des hommes ne consiste pas seulement en douceur, il faut envisager aussi les événements pénibles tels que les conflits avec les ennemis, les maladies qui peuvent survenir, pour les conjurer ».
– En Tunisie, on mange de l’ail cuit dans du miel, dont le mot en hébreu « toum » fait penser au verset « ché yitamou oyevénou » « que nos ennemis soient anéantis ! ». Les Juifs tunisiens consomment des beignets d’épinard , de courge, d’ail. Les Juifs de Turquie préfèrent les fritadas, c’est-à-dire différents gratins composés de blettes, de courgettes, de courge !
– On peut trouver sur certains plateaux des blettes (salki en araméen), mot qui ressemble à istalek qui veut dire « enlever » (« Que nos ennemis disparaissent et soient enlevés !). De la courge, du potiron, des épinards, des poireaux (karti) dont la racine est la même que karet qui veut dire retrancher, supprimer, dans l’espoir qu’avec cette bénédiction « nos ennemis seront écartés ».
– Les pois dont la symbolique est la même que la grenade dont le mot en araméen (rubiya) dérive de rov, c’est-à-dire l’abondance.
– Enfin, une cinquième bénédiction porte sur le souhait « qu’Israël soit en tête des nations, plutôt qu’en queue » (au niveau moral) et serve d’exemple aux autres nations. On fait la bénédiction sur une tête de poisson ou de mouton (ou sur une partie de cette tête). On évite de choisir une tête de veau ou de bœuf, pour ne rappeler ni le veau d’or, ni les autres animaux adorés dans l’Antiquité.
Le son du chofar
Le chofar est sonné les deux jours de Roch Hachana, sauf si le premier jour tombe un Chabbat. La sonnerie du chofar qui symbolise une plainte ou un cri, marque l’apogée des cérémonies. Selon Maïmonide, cette injonction biblique est faite pour que chacun des fidèles soit entraîné à se repentir de ses pêchés.
Le chofar est un instrument à vent composé traditionnellement d’une corne de bélier (il rappelle la mise à l’épreuve d’Abraham, quand Dieu lui a demandé de sacrifier son fils Isaac. Au dernier moment Dieu a arrêté son geste. En remerciement, Abraham a élevé un autel pour y sacrifier un bélier. La Michna précise qu’on peut aussi utiliser la corne de tout animal cacher (mouton antilope, gazelle, excepté la corne d’un bœuf et d’un gros bétail).
La sonnerie de chofar retentit tous les jours du mois d’Elloul, au cours de l’office du matin, et jusqu’à Kippour. On a l’habitude de sonner du chofar pour commémorer un événement exceptionnel (le jour où les troupes israéliennes ont libéré Jérusalem, par exemple). Depuis 1949, la prestation de serment de tout nouveau président de l’Etat d’Israël s’accompagne d’une sonnerie symbolique du chofar.
La personne qui sonne le chofar fait entendre 4 types de sons distincts :
Tekia : son long continu.
Téroua : son court (3 téroua peuvent être entendus pendant la durée d’un tékia).
Chevarim : série de 9 sons saccadés.
Tékia guédola : sonnerie majeure, longue et continue. A Kippour, elle marque la fin du jeûne.
Les kabbalistes insistent sur l’importance des sonneries du chofar, auxquelles ils attribuent le pouvoir de substituer à la rigueur du jugement, la douceur de la miséricorde.
Tachli’h

Cérémonie célébrée l’après-midi du 1er jour de Roch Hachana (si ce jour tombe un Chabbat, tachli’h est reportée d’un jour).
Le rite du Tachli’h consiste à se rendre au bord d’un cours d’eau, une rivière ou la mer, et d’y retourner ses poches, comme pour y jeter les quelques miettes qui resteraient, en récitant des versets des prophètes Michée et Isaïe. Le verset de Michée 7,19 déclare : « Tu jetteras tous leurs péchés au fond de la mer ! ».
Une coutume kurde consiste à sauter dans l’eau au cours de la cérémonie. Les kabbalistes secouent leurs habits pour se libérer des « écorces » de pêchés qui se sont formées au cours de l’année. Les Juifs de Syrie utilisent un bassin alimenté par un tuyau d’eau courante.
Certains rabbins insistent pour que la cérémonie se déroule au bords d’une pièce d’eau où vivent des poissons, car il s’agit du tribut payé au créateur dont l’œuvre de création débuta à Roch Hachana et eut pour premiers témoins les poissons. Afin de permettre à tous Juifs, petits et grands de célébrer tachli’h, il est aussi permis de procéder à la cérémonie prêt d’un évier et d’y faire couler l’eau, mais cette dernière alternative n’est utilisée que si la communauté est éloignée d’un cours d’eau.

 

F.A.Q. des fêtes

Quelles sont les coutumes les plus importantes de Kippour et leur signification ?
REPONSE :
Le 9 tichri, veille de Kippour, c’est un devoir religieux de manger. On multipliera les petites collations. Plusieurs raisons sont avancées pour justifier ces repas. Nous en citerons deux :
– Afin de souligner que l’idéal du judaïsme n’est pas la mortification ou l’abstinence.
– L’accomplissement des mitsvoth doit se faire dans la joie. Or, le jour de Kippour, la joie risque d’être absente à cause de nos remords. C’est pourquoi nous avançons, en quelque sorte, la joie de Kippour au 9 tichri. Mais juste après Kippour, on s’occupera de la Souccah, et la joie sera de nouveau présente.
# Les coutumes : Monter au cimetière. Il s’agit à la fois de se recueillir sur la tombe de nos chers disparus ou des rabbins, mais aussi de se rappeler notre finitude. Nous pouvons abusivement considérer que le monde nous appartient et que nous sommes immortels. Cette visite au milieu de « ceux qui dorment dans la poussière » éveille en nous l’humilité. Notre seule grandeur est d’accomplir la volonté de l’Eternel, l’Être incréé, source unique de vie.
# Les kapparoth. Nous sacrifions des volailles selon le rituel mentionné dans les livres de Kippour. En général le chohethconnaît son travail. Le sens de cette cérémonie est double : visualiser la fragilité de la vie. Un animal était vivant et il n’est plus de ce monde, de même l’Ange de la mort viendra nous reprendre un jour. Mais il s’agit aussi de montrer de la solidarité communautaire, puisqu’il faut offrir ses volailles à des pauvres. La leçon est ainsi entendue : notre vie est fragile, alors faisons du bien autour de nous. En aucun cas, il ne faut prendre ces kapparoth pour des actes magiques qui effaceraient « miraculeusement » nos fautes. A défaut de volaille, on offrira de l’argent.
# L’immersion au Mikvé. Le bain rituel est une vieille tradition d’Israël. Le Grand prêtre pendant kippour allait se tremper cinq fois au mikvé. Le sens de ce bain rituel est lié à la régénérescence, à la résurrection de l’être. Dans l’eau, l’homme est en apnée, il est en danger de mort. En sortant de l’eau, il respire de nouveau. Par le mikvé, nous prenons conscience que l’Eternel insuffle un « souffle de vie dans nos narines ». La vie triomphe de la mort. Telle est la conclusion de Kippour, quand le prophète Ezéchiel rappelle que l’Eternel ne veut pas la mort du méchant mais qu’il vive.
# Aller se réconcilier avec ceux que nous aurions offensés, et pardonner à ceux qui nous demandent.

Pourquoi
roch ‘hodech (le nouveau mois) dure tantôt un seul jour tantôt deux jours entiers ?

REPONSE :
Le mois lunaire dure 29 jours 12 heures et 793/1080 minutes. Ce qui fait que le mois devrait commencer au milieu d’une journée. C’est pourquoi, les mois alternent entre 29 et 30 jours.

Peut-on célébrer une bar mitsva le 9 av ?

REPONSE :
La bar mitsva signifie que l’enfant devient un homme du point de vue religieux et qu’il est astreint à toutes les mitsvoth. Si l’enfant a atteint l’âge de 13 ans et un jour, le 9 av ou Kippour ou un autre jour de jeûne, alors il est astreint au jeûne, à mettre les tefillins, etc. comme n’importe quel adulte.
Dans le cas du 9 av, il mettra les tefillins l’après-midi, selon la coutume qui demande de les mettre à minha. Après l’office du soir et la fin du jeûne, le repas de reprise sera considéré comme séoudat mitsva. Mais pour respecter la coutume de ne pas manger de viande jusqu’au lendemain midi, la séouda comportera du poisson.
Et que le l’Eternel transforme nos jeûnes en jours de fête.
# Le matin des 8 jours de Hanoukka, doit-on réciter le Mizmor chir hanoukkat habayit lédavid ?

REPONSE :
Selon l’opinion du Ben ich haï, il ne faut pas changer l’ordre de la prière de l’année, ce qui veut dire qu’on ne rajoutera pas cette phrase.
Mais comme beaucoup d’anciens avaient l’habitude de rajouter cette mention, si cela doit entraîner des discussions interminables, il vaut mieux laisser dire, car nous sommes dans une partie de la prière où de toute façon les ajouts sont permis, ce qui n’est pas le cas entre baroukh chéamar et la amida.
# Pourquoi doit-on allumer la hanoukkia avant la havdala le samedi soir à la synagogue ?
REPONSE :
Je précise qu’en effet à la synagogue on allume la hanoukkia avant de réciter la havdala, alors qu’à la maison on commencera par la havdala.
La raison de ce distinguo est fondée sur le principe de la halakha : « tadir vechééno tadir, tadir kodem », « entre ce qui est fréquent et ce qui est moins fréquent, on commencera par le plus fréquent ».
Selon ce principe, nous devrions toujours commencer par la havdala qui est plus récurrente que la fête de hanoukka. Mais en ce qui concerne la synagogue, on ajoute un principe supplémentaire, celui de pirsoumey nissa, « la publicité faite au miracle. »
Quand il s’agit de proclamer le miracle de la survie du peuple juif, le principe halakhique de la préséance est mis de côté. Par contre, dans le cadre privé de la famille, la règle de la fréquence reprend ses droits.
Et que l’Eternel éclaire le monde de Sa lumière.
#Je veux me rendre dans une synagogue et je n’ai pas de Méguila, que faire ?
REPONSE :
Les personnes n’ayant aucune possibilité d’entendre la lecture suivant ces règles liront le Hallel, les psaumes 113 à 118 (sans la bénédiction) et le livre d’Esther dans un texte imprimé.
# Peut-on écouter la Méguila par la radio ?
REPONSE :
Non, on ne peut se rendre quitte ni par radio ni par téléphone, même dans une transmission en direct. Car c’est la voix huamine qui doit être entendue et non des ondes électriques.
# Lorsque le premier soir de Pessa’h tombe un samedi soir, peut-on manger du pain samedi midi et quand doit-on bruler le hamets?
REPONSE :
Lorsque le 14 nissan tombe un Chabbat, on fait la recherche du hametz (avec la bénédiction puis avec annulation) jeudi à la tombée de la nuit, et on brûle tout vendredi avant Chabbat (de préférence avant midi). De plus, on ne conservera (dans un endroit protégé) que du pain nécessaire pour deux repas (celui du vendredi soir et celui du samedi midi). Quant au troisième repas (séouda chlichith) on le consommera avant la dixième heure (en heures saisonnières) sur des fruits et de la matsa à l’orange ou au vin (les ashkénazes ne mangent pas cette matsa).
Le repas de samedi matin devant être pris avant la fin de la cinquième heure (en heures saisonnières) – puisqu’après il est interdit de consommer du hametz – l’heure de l’office sera avancée pour permettre aux fidèles de rentrer chez eux plus tôt).
A la fin du repas de midi, on rassemblera les miettes, et on les jettera dans la cuvette des toilettes, puis l’on procèdera à l’annulation du hametz comme les autres années.
Quant à la vaisselle, on la rangera avec la vaisselle hametz.
Pessah Kasher Vésaméah
# Quelle est l’origine du Tachlikh de Roch Hachana, et pourquoi quand le premier jour tombe un Chabbat le récite-t-on le second jour de la fête ?
REPONSE :
Cette cérémonie qui consiste à symboliquement jeter nos péchés dans une source vive, s’est développée à partir de la communauté kabbaliste de Safed au XVIe siècle. Elle prend appui sur les versets du prophète Michée (VII, 18 à 20) qui annonce : « Qui est comme Toi qui supporte l’iniquité et qui passe sur la faute pour le reste de son héritage ! Il ne maintient pas pour toujours Sa colère, car Il désire la charité. Il recommencera à exercer Sa miséricorde et Il écrasera nos iniquités ; et Tu jetteras dans la mer tous leurs péchés. »
N’oublions pas que quand les rabbins produisent du rite, ils suivent d’abord une pédagogie visuelle qui doit parler même aux enfants (le plateau de Pessa’h, l’initiation à la lecture, les règles de deuil, etc.), et cette vigilance se retrouve ici. En effet, nous aurions pu nous contenter de réciter le texte à la synagogue comme n’importe quelle prière, mais en nous déplaçant à l’extérieur, au bord d’une source vive, d’un étang, voire d’une citerne, l’image sera beaucoup plus éloquente, d’autant plus que certains ont l’habitude de secouer leur poche comme pour les vider leurs transgressions. A Roch Hachana, Israël noie, par l’effort du repentir, ses mauvaises actions pour la régénérescence de sa conscience morale. L’eau, à l’origine de la vie, devient ici le cercueil de la mort.
(Permettez-moi cette digression qui est liée malgré tout à notre sujet. Cette même communauté de Safed avait l’habitude de sortir sur les collines tous les vendredis soirs pour recevoir la reine Chabbat. Par la suite, les rabbins n’ont pas exigé que nous sortions tous les vendredis soirs de nos synagogues, mais la coutume veut que nous nous retournions vers la porte en récitant le dernier couplet du lékha dodi, le chant d’accueil de la reine Chabbat).
Quant à la cérémonie elle-même, elle consiste dans la récitation de textes tirés du Zohar (livre de la Splendeur, texte fondamental de la Kabbale) et des versets du prophète Michée, cités plus haut. Elle se termine par un kaddish et une très belle et émouvante bénédiction pour la communauté.
Pourquoi ne récitons-nous pas le Tachlikh le jour du Chabbat ? Tout simplement pour ne pas avoir à transporter les livres dans le domaine public, ce qui est interdit Chabbat et Kippour. Comme aucune personne ne connaît par cœur ce texte, les décisionnaires ont reporté sa récitation au dimanche, considérant que les deux jours de Roch Hachana étaient en fait un seul et même jour, « le jour le plus long. »
Et que le Tout Puissant noie nos péchés pour toujours, et qu’Il nous inscrive dans le livre de la vie et de la paix.
# Alors qu’en Israël on suit la règle biblique d’un seul jour de fête, la tradition rabbinique a ajouté un jour de fête supplémentaire en diaspora à cause d’un doute, pour permettre ainsi aux exilés de célébrer les fêtes en même temps que leurs frères de Jérusalem. Si c’est la seule raison, ce deuxième jour a-t-il encore une signification, alors qu’aujourd’hui nous avons des moyens de communication fiables et rapides ?
REPONSE :
Quelle aurait été la situation de notre calendrier si le téléphone ou le fax avaient existé à l’époque du Temple ? Si je commence par cette interrogation ce n’est point pour répondre par une question, mais pour souligner que la raison qui a justifié le redoublement du premier et du dernier jours de fête est un problème de communication. Pour saisir la réponse, revenons à la manière dont les solennités étaient fixées à l’époque du second Temple.
Lors de la naissance de la nouvelle lune, la Torah a exigé de chaque israélite qu’il se rendît à Jérusalem pour témoigner de cette apparition devant le grand tribunal (Sanhédrin). Comme le témoignage n’était enregistré qu’en présence de deux témoins, les personnes se déplaçaient par couple. Pour transmettre l’information jusqu’en Babylonie, des guetteurs étaient postés sur les hauteurs entre Jérusalem et la Diaspora. Après la proclamation officielle du nouveau mois (roch hodech), on allumait des feux sur cette chaîne de collines, ainsi très rapidement toute la communauté était avertie et pouvait se préparer pour les fêtes.
Le problème se compliqua quand des juifs qui ne croyaient pas dans l’autorité rabbinique et la tradition orale (les koutim) allumèrent des feux le lendemain de la proclamation officielle. Les juifs éloignés ne savaient plus si Pâques par exemple tombait tel jour ou le lendemain. On remplaça alors les brasiers par des émissaires à cheval, mais ceux-ci n’avaient pas le temps matériel de joindre les communautés d’exil. Le rabbinat fut contraint de doubler le second et le dernier jour pour la Diaspora, chacun étant nommé dans le Talmud sféka déyoma = jour douteux.
Aujourd’hui, grâce au calendrier permanent que nous possédons, nous savons que ce redoublement n’est plus nécessaire, cependant nous ne pouvons l’abolir, pourquoi ? Car il faudrait un tribunal rabbinique plus important en nombre et supérieur en sagesse pour annuler ce décret.
Je sais le type de réaction que cet argument suscite chez les fidèles qui se trouvent souvent gênés sur le plan professionnel, allant travailler avec mauvaise conscience. Mais il faut bien comprendre que l’autorité rabbinique est l’un des piliers de notre religion, la remettre en cause est comme dit le Talmud porter un jugement sur le tribunal de Moïse lui-même. Seul un nouveau Sanhédrin agissant au nom de tout Israël pourrait modifier cet état de fait.
Il est indéniable néanmoins qu’il existe aujourd’hui une urgence en matière de halakha dans beaucoup de domaines, et à notre foi dans les sages (émounath hakhamim) devrait répondre leur courage face aux nouvelles réalités sociologiques. Ce n’est bien sûr là qu’une simple mais sincère prière…
# Est-il vrai que les femmes ne doivent pas travailler le Nouveau Mois (Roch Hodech), et quelle est l’origine de cette règle ?
REPONSE :
Cette coutume est en effet mentionnée dans le Choulhan Aroukh. L’on peut avancer deux réponses à votre question.
Sur un plan psychologique et éthique, la correspondance entre le cycle menstruel de la femme et le cycle lunaire vient souligner que le renouvellement de l’être, la capacité de retrouver de nouvelles forces morales et spirituelles est toujours possible. La lune disparaît puis réapparaît, le sang de la vie s’écoule sans être fécondé, mais une nouvelle vie va germer. Ces données naturelles – que certains exégètes rattacheront à la dialectique “exil / délivrance”- sont offertes en réflexion à tous les hommes de bonne volonté afin de toujours s’améliorer. En demandant à la femme de ne pas réaliser de gros travaux pendant Roch Hodech, la Tradition veut rendre sensible la société d’Israël à cet optimisme de la foi, qui est lié à la féminité.
Sur le plan historique, le Midrash nous apprend que l’Eternel voulut faire du Nouveau Mois une solennité pour les douze tribus d’Israël, du même type que les fêtes de pèlerinage liées aux personnalités d’Abraham, Isaac et Jacob. Les enfants d’Israël ayant commis la faute du veau d’or, la sainteté de la Néoménie fut altérée. L’Eternel offrit aux femmes qui n’avaient pas participé à cette faute le Roch Hodech
# Est-ce qu’une armature en fer rend impropre la souccah ? De même, des roseaux liés par des fils de fer (comme ceux vendus dans les magasins spécialisés) peuvent-ils être utilisés pour couvrir le toit de lasouccah ou bien la présence du fer est-elle totalement proscrite ?
REPONSE :
La particularité d’une souccah est son toit (le mot souccah qui vient du verbe « couvrir »). Le Talmud nous donne des règles précises pour l’élaboration de cette « résidence provisoire» : entre autres le matériau du toit doit être végétal et ne pas recevoir l’impureté. Or le fer, le métal en général, est selon la halakha (la loi juive) susceptible de recevoir l’impureté. Si dans le judaïsme, l’impureté renvoie à la mort, celle-ci serait dans notre cas incompatible avec le message de la fête deSouccoth
Ceci étant posé, si l’armature est en métal, même l’armature qui servira à recevoir le toit, elle ne rend pas impropre (passoul) la souccah, car le support du toit n’est pas le toit lui-même. Le fidèle sera cependant scrupuleux au moment de manger dans la cabane de ne pas rester à la perpendiculaire de la barre métallique. Par contre, les roseaux liés avec du fil de fer posent problème pour la validité du toit. Aujourd’hui, il existe des roseaux liés avec du fil nylon, autant choisir alors le second produit.
# Pendant la fête de Souccoth, doit-on posséder son loulav personnel ou celui de la communauté suffit-il pour accomplir la mitsva ?
REPONSE :
La Torah demande d’agiter quatre espèces de végétaux durant la fête des cabanes. Les sages ont diagnostiqué ces espèces comme le saule, le myrte, la branche de palmier et le cédrat (l’étrog).
Le verset (Lévitique XXIII,40) enseigne : «et vous prendrez pour vous», ce «pour vous» est interprété par le Talmud non comme un «vous» collectif, mais comme un «vous» particulier, c’est-à-dire «dans la main de chacun d’entre vous». De là l’obligation pour chacun de posséder son propre bouquet de quatre espèces.
Reste à savoir si l’achat réalisé par la communauté peut s’inscrire dans cette logique. Nous pouvons répondre par l’affirmative à condition de respecter une règle d’intention (kavana). En effet, quand la communauté achète quelquesloulavim (plur. de loulav), elle les achète pour que chaque membre puisse accomplir sa mitsva. (On peut approcher cet achat de celui des talith qui servent pour ceux qui n’en ont pas pendant l’office), mais afin de rester fidèle à l’interprétation talmudique, chacun devra exprimer en son for intérieur son désir de l’acquérir personnellement, puis après bénédiction et agitation du bouquet de le donner (véritablement) au suivant. Ainsi, chacun pourra accomplir son devoir particulier au sein de la collectivité.
Et que l’Eternel nous aide à unir nos diversités dans la paix.
# Pourquoi maintenons-nous encore les deux jours de fête au début et à la fin, alors que dans la Torah il est fait mention d’un jour au début et un jour à la fin ? Pourrions-nous revenir aux prescriptions de la Torah ?
REPONSE :
Quelle aurait été la situation de notre calendrier si le téléphone ou le fax avaient existé à l’époque du Temple ? Si je commence par cette interrogation ce n’est point pour répondre par une question, mais pour souligner que la raison qui a justifié le redoublement du premier jour de fête et du dernier est un problème de communication. Pour saisir la réponse, revenons à la manière dont les solennités étaient fixées à l’époque du second Temple. Lors de la naissance de la nouvelle lune, la Torah a exigé de chaque israélite qu’il se rendît à Jérusalem pour témoigner de cette apparition devant le grand tribunal (Sanhédrin). Comme le témoignage n’était enregistré qu’en présence de deux témoins, les personnes se déplaçaient par couple. Pour transmettre l’information jusqu’en Babylonie, des guetteurs étaient postés sur les hauteurs entre Jérusalem et la Diaspora. Après la proclamation officielle du nouveau mois (Roch Hodech), on allumait des feux sur cette chaîne de collines, ainsi très rapidement toute la communauté était avertie et pouvait se préparer pour les fêtes. Le problème se compliqua quand des juifs qui ne croyaient pas dans l’autorité rabbinique et la tradition orale (les koutim) allumèrent des feux le lendemain de la proclamation officielle. Les juifs éloignés ne savaient plus si Pâque par exemple tombait tel jour ou le lendemain. On remplaça alors les brasiers par des émissaires à cheval, mais ceux-ci n’avaient pas le temps matériel de joindre les communautés d’exil. Le rabbinat fut contraint de doubler le second et le dernier jour pour la Diaspora chacun étant nommé dans le Talmud sféka déyoma = jour douteux. Aujourd’hui, grâce au calendrier permanent que nous possédons, nous savons que ce redoublement n’est plus nécessaire, cependant nous ne pouvons l’abolir, pourquoi ? Car il faudrait un tribunal rabbinique plus important en nombre et supérieur en sagesse pour annuler ce décret. Et il faut bien comprendre que l’autorité rabbinique est l’un des piliers de notre religion, la remettre en cause est, comme dit le Talmud porter un jugement sur le tribunal de Moïse lui-même, seul un nouveau Sanhédrin agissant au nom de tout Israël pourrait modifier cet état de fait.
# Kippour signifie-t-il « pardon » ou « grand pardon » ?
REPONSE :
La Torah utilise l’expression yom hakippourim « jour des expiations ». « Le grand pardon » n’est jamais mentionné dans la Torah, car il n’existe ni grand ni petit pardon, mais un pardon sincère et total. Nous avons là une déformation de traduction comme il en existe malheureusement souvent.
# Est-il vrai que Chavouoth n’est pas mentionné dans le Talmud et qu’aucun traité n’est consacré directement à cette fête ? Si mes sources sont exactes, pourriez-vous justifier cette occultation ?
REPONSE :
Ne connaissant pas vos sources ou vos informateurs il m’est difficile de répondre exactement à votre question. Je pense que l’on vous a dit que le Talmud ne parle pas de Chavouoth nominativement, mais qu’il utilise toujours le terme de «Atséreth
« fête de clôture » (verbe astor = terminer, clôturer) et « rassemblement » populaire, qui marque justement la fin d’une solennité. Ce que les sages du Talmud ont voulu mettre en évidence, c’est que la fête de Chavouoth est la « clôture » dePessa’h, comme Chémini Atséreth est la clôture de Souccoth. La fête de Pessa’hChavouothPessa’h et Chavouoth sont reliés par le décompte de l’Omer.
En ce qui concerne le deuxième aspect de votre question, en effet il n’existe pas un traité Chavouoth, comme il existe un traité Pessahim pour Pessah ou Souccah pour la fête des Cabanes. Chavouoth ne se distinguant pas par une mitsvaparticulière émanant de la Torah (comme la matsa à Pessah ou le loulav à Souccoth), l’essentiel des lois de ce grand jour est notamment contenu dans le traité Bétsa (l’œuf) qui aborde les questions du yom tov ou dans certains passages du traitéChabbat qui parlent de la Révélation du Sinaï.
comme jour de leur fidélité. qui rappelle justement la survie miraculeuse du peuple d’Israël durant les quarante années qui séparèrent la sortie d’Egypte de l’entrée dans le pays de Canaan ; et l’on ne mélange jamais la vie et la mort. » qui signifie à la fois représente la libération physique d’Israël, alors que le don de la Torah à constitue sa libération ultime, puisqu’en se soumettant à la volonté divine, Israël se libère de son Egypte intérieure, c’est-à-dire des valeurs véhiculées par notre propre nature (égocentrisme, jalousie, haine, mensonge, …) et qui sont la source de nos asservissements spirituels. Ainsi la Torah devient « l’élixir de vie » de notre existence. C’est la raison pour laquelle

Fêtes

Introduction

Il existe deux catégories de fêtes :
* les fêtes fixées par la Torah,
* les fêtes d’institution rabbinique.

Les fêtes toraïques

On distingue trois catégories de jours fériés :
1. Le Chabbat qui rappelle la création du monde.
2. Les fêtes de pèlerinage (Pessah « Pâques » – Chavouot « Pentecôte » et Souccot
3. Les fêtes du Nouvel An (Roch Hachana et Kippour) qui évoquent le jugement et le pardon de l’homme.
A ces fêtes chômées – Yom Tov – (où tout travail est interdit, nous verrons de quels travaux et dans quelles conditions), il faut ajouter le nouveau mois (Roch Hodech) où le travail est licite.

Les fêtes rabbiniques

En général, ces fêtes sont liées à des événements historiques, que nos maîtres, anciens ou modernes, ont voulu garder pour la mémoire d’Israël en raison de l’enseignement fondamental que ces événements véhiculent pour la conscience juive.
* Pourim et ‘Hanouccah qui rappellent le miracle de la survie physique et spirituelle du peuple juif, malgré un danger de disparition.
* Le jeûne du 9 du mois d’av (Tichâ béav) qui rappelle la destruction de deux Temples et de Jérusalem.
* Lag Baomer qui rappelle la fin de l’épidémie qui frappa les élèves de Rabbi Aquiba.
* Yom Hashoa : souvenir des six millions de nos frères et sœurs morts dans les camps nazis.
* Yom Hazikaron : souvenir des victimes des guerres d’Israël.
* Yom Haatsmaout : jour de l’indépendance de l’Etat d’Israël.
* Yom Yeroushalaïm : jour de la réunification de Jérusalem.
A ces fêtes à caractère historique, s’ajoute une fête « écologique » : Tou Bichvat ou Nouvel An des arbres.

La désignation des fêtes et leur signification

Les fêtes sont désignées dans la Torah par différents termes. Découvrons-les :
Mo’adim
« Moadim » (sing. mo’èd) signifie littéralement « rendez-vous ». L’idée est très importante, elle signifie « rendez-vous » avec l’Éternel, mais aussi « rendez-vous » avec la communauté d’Israël, avec son prochain.
Si l’homme, depuis le renvoi du jardin d’Eden, doit « manger son pain à la sueur de son front » et donc s’investir obligatoirement dans le monde matériel pour résoudre ses problèmes vitaux (manger, se vêtir, se loger), la fête devient une période où le Saint, béni-soit-Il, demande à chaque membre d’Israël de se dégager de toute activité économique, afin d’être prêt à rencontrer Celui qui est source de toutes les bénédictions. C’est pourquoi mo’èd ne désigne qu’un jour où le travail est interdit.
L’indice de spiritualité d’une fête (sa sainteté ou kéddoucha) sera justement jaugé à son rapport à la productivité. Ainsi, Chabbat etKippour où tout travail est proscrit se trouvent au sommet de l’échelle, les fêtes de pèlerinage et Roch Hachana où la cuisson et le transport de certains objets sont licites (selon des conditions précises) possèdent un niveau inférieur. Quant aux jours où les petits travaux sont licites (demi-fêtes) ou totalement permis (Roch Hodech), ils se trouvent au bas de l’échelle, au-dessus bien évidemment des jours profanes.
Nous pouvons ainsi donner la définition d’un jour profane : un jour où l’homme transforme le monde extérieur à lui-même, afin de perdurer. Son rapport à Dieu se fait via la nature, alors qu’un mo’èd est un jour où l’homme est placé directement face au Créateur. Durant les jours profanes, l’homme aménage son avoir ; pendant les fêtes, il construit son être.
Dans l’esprit du monothéisme, les deux activités sont aussi valables, et c’est pourquoi les sages du Talmud voient l’idéal dans « l’étude de la Torah associée à une activité professionnelle » (Torah oumélakha). Le « rendez-vous » avec Dieu va permettre un ressourcement de la personne, une épuration de la conscience, qui pourrait tomber dans les pièges d’un avoir excessif (le travail pour le travail, le matériel pour le matériel). Le mo’èd rappelle donc que si l’aménagement de l’espace est la première bénédiction offerte à Adam, il ne faut jamais oublier que ce monde possède un sens, une finalité, qui ne se chiffre pas en écus sonnants et trébuchants, mais en capacité d’amour, de justice et de paix.
Le but  du judaïsme, tel qu’il est transmis par l’un de nos plus grands maîtres Rabbi Moché ben Maïmon, dit Rambam ou Maïmonide, est de proposer un équilibre harmonieux entre le ciel et la terre, entre le corps et l’âme, entre la matérialité et la spiritualité, entre le religieux et l’économique, étant entendu que le mot avoda
Mikraé kodech
Une autre expression pour parler des fêtes dans la Torah, mais qui découle de l’idée de « mo’èd » est « Mikraé kodech« , « appels de sainteté ». Sainteté signifie en hébreu : séparation, ce qui se détache de la conduite naturelle ou profane. Les mitsvot nous sanctifient, c’est-à-dire introduisent une dimension spirituelle, transcendante, « sur-naturelle » dans notre vie. Tous les êtres vivants mangent, mais en se soumettant à la volonté divine qui a demandé de consommer tel aliment et interdit tel autre, le juif introduit le divin dans son quotidien. Ainsi chaque commandement accompli actualise la conscience que nous sommes placés vis-à-vis de Dieu. Cela est particulièrement vrai durant les fêtes, où justement nous ne travaillons pas, où notre esprit n’est pas absorbé par des considérations matérielles, mais uniquement à la prière, à l’étude et à la joie de servir l’Eternel. Chaque rendez-vous avec Dieu est ainsi un appel à l’élévation, à la sainteté.
Hag
Le dernier terme, utilisé uniquement pour les fêtes de pèlerinage, est le mot « Hag » (au pluriel « Hagim« ). A rapprocher de l’arabe hagag, il désigne le pèlerinage. C’est pourquoi il ne s’applique qu’aux solennités qui exigeaient le déplacement jusqu’au Beth Hamikdach (le Temple) de Jérusalem. C’est donc par abus de langage que l’on parle à propos des fêtes du Nouvel An, et à plus forte raison de fêtes rabbiniques, de Hag. Les kabbalistes voient dans le mot HaG les initiales de Hessed (Charité) et Guévoura (Rigueur). Ce qui peut se comprendre, puisque les trois fêtes de pèlerinage, qui sont les étapes de la libération d’Israël (le peuple) d’Egypte pour aller vers la terre des promesses, traduisent la Charité et la Grâce dont témoigna le Saint, béni soit-Il, à l’égard de nos ancêtres. Et cette Charité appelle en retour des mitsvot particulières, commandements à accomplir avec rigueur, pour ne pas oublier tous ces bienfaits, et continuer dans chaque génération la marche d’Israël.
Yom tov
Les sages d’Israël ont ajouté une expression pour parler des fêtes Toraïques : « Yom tov« , qui signifie littéralement « jour bon », et que nous trouvons dans le livre d’Esther (IX,19 et 22) pour désigner un jour de joie, en opposition aux jours de deuil. Au sens rabbinique, l’expression Yom tov qualifie les fêtes de pèlerinage, ainsi que les fêtes du Nouvel An, c’est-à-dire un jour qui se distingue du Chabbat, par le fait qu’il est permis de cuire (sous certaines conditions), et qui se distingue aussi du Roch Hodech, des jours de demi-fête ou profanes dans lesquels le travail est licite.
Écoutons Maïmonide dans son Michné Torah (lois des fêtes) :

« Les six jours pendant lesquels la Torah a interdit l’exécution d’un travail sont : le premier et le septième jour de Pessah, le premier et le huitième jour de Souccot, le jour de Chavouot et le premier jour du septième mois (c’est-à-dire Roch Hachana). La cessation de toute activité pendant tous ces jours s’applique de la même manière, à savoir qu’il est interdit d’effectuer un travail, sauf en ce qui concerne les préparatifs de nourriture, ainsi qu’il est dit dans le verset : cependant, ce que chacun doit manger, vous pourrez le faire. »

Remarques
*
Kippour n’est pas mentionné, car il est identique au Chabbat quant à l’interdiction de préparer la nourriture.
*
Les jours de fêtes sont doublés en dehors d’Israël. Ainsi il y a deux jours de fêtes au début et à la fin de Pessah, de même pourSouccot et pour Chavouot. Quant à Roch Hachana il est doublé même en Israël.
La raison de ces redoublements est liée à un problème de communication aux temps où la diaspora babylonienne recevait son calendrier depuis Jérusalem. Quand le nouveau mois était proclamé au Temple, on allumait des feux d’une montagne à l’autre jusqu’en Babylonie. Les Saducéens, qui niaient le pouvoir rabbinique pharisien, et l’existence d’une tradition orale remontant à Moïse, allumaient des feux la veille ou le lendemain. Les communautés de l’exil ne sachant plus quel jour était le bon doublèrent les jours de fêtes par incertitude. C’est ce que l’on appelle sféka déyoma « le jour douteux ».
Si Roch Hachana est doublé également en Israël c’est à cause de l’impossibilité de sonner le Shofar (corne de bélier) le Chabbat. En effet, selon la Torah, on ne peut sonner le Shofar à Chabbat qu’à l’intérieur du Temple de Jérusalem. Ainsi dans le cas où Roch Hachana tomberait un samedi, on ne pourrait pas accomplir le commandement du jour hors de Jérusalem, d’où le redoublement même en terre d’Israël.

 Valeur des fêtes juives

Ne pas travailler ne signifie pas que les jours de fêtes soient des jours de loisirs pour faire ses courses ou repasser la deuxième couche de peinture dans sa maison de campagne. Ils ont été offerts pour se réjouir en famille et en communauté, pour se souvenir des bienfaits de l’Eternel, et se ressourcer physiquement, moralement et spirituellement. Les repas, la prière et l’étude auront ici une place centrale.
Ecoutons le prophète Isaïe (LVIII,13 et 14) dont les paroles sont toujours d’une grande actualité :

« Si le Chabbat tu retiens ton pied pour ne point faire ton désir, dans Mon jour de sainteté, et si tu appelles mon Chabbat « délice », pour la sainteté de l’Eternel, jour honoré, et si tu l’honores en ne suivant point tes chemins, ne saisissant point l’occasion des affaires, et en ne prononçant aucune parole (profane), alors tu te délecteras devant l’Eternel, Je te ferai chevaucher sur les hauteurs de la terre, je te nourrirai de l’héritage de Jacob ton père, car c’est la bouche de l’Eternel qui l’a déclaré ».

Ces versets, qui sont lus au kiddouch du samedi matin, ainsi que durant la haftaraKippour, s’appliquent bien sûr au Chabbat, mais par extension aux jours de fêtes qui sont aussi appelés Chabbat (jour de cessation – du travail -). Le prophète demande de distinguer ces solennités par une conduite différente de celle de la semaine. Le mot raglékha (ton pied), peut aussi être entendu en hébreu, comme « ton habitude », on dirait aujourd’hui « se libérer de ses conditionnements ». Comme nous l’avons dit plus haut, il s’agit de construire un nouvel univers où les soucis matériels, les affaires (même bonnes), sont mis entre parenthèses afin de vivre autant que faire se peut, cette proximité avec Dieu, et se reconnaître fils ou fille de notre patriarche Jacob, celui qui devint Israël. La préparation est ici importante, préparation psychologique, morale, spirituelle : préparation de la maison, des repas, de son corps (coiffeur, bain, certains vont au mikvé – le bain rituel de purification – la veille du Hag). Pendant les fêtes, à la synagogue, des chants nouveaux sont entonnés par les fidèles avec ferveur et joie. A la maison la table est dressée, chaque membre possède son habit de fête. La paix et la sérénité sont dans les cœurs.

Temps de la nature – Temps de l’histoire

Dans la Torah, les fêtes ont un double caractère : un caractère agricole et un caractère historique. Cela est remarquable particulièrement avec les fêtes de pèlerinage. Ainsi :
* Pessah qui est « la fête du printemps » rappelle la sortie d’Egypte.
* Chavouot qui est « la fête des moissons » rappelle le don des Dix Commandements.
* Souccot « la fête de l’engrangement » d’automne rappelle la traversée du désert.
Cette relation est fondamentale. Elle marque une rupture totale avec les cultes païens qui exprimaient une adoration des forces de la nature pour elles-mêmes. En Egypte, le Nil était déifié, et c’est en son nom que le Pharaon sacrifia des milliers d’enfants hébreux. En Canaan, Moloch, Baal ou Astarée étaient adorés ; cela entraînait des sacrifices humains ou de la prostitution sacrée. Le meurtre, la débauche étaient sacralisés. En intervenant dans le cycle du temps, Dieu enseignait que non seulement Il était le maître de cette nature, mais surtout que le religieux ne pouvait être séparé de la morale. Ainsi le printemps n’est plus le temps du papillonnage libertin, mais le temps de la libération de l’Homme, l’automne n’est plus le temps de l’individualisme égoïste, mais celui du partage fraternel.
Le grand message prophétique est : le même Dieu qui crée la nature est le même Dieu qui délivre l’homme, afin qu’à son tour l’homme utilise la nature pour délivrer son frère de l’oppression, de l’aliénation.

Les Jeûnes

     » Il existe des jours durant lesquels la communauté d’Israël jeûne à cause des malheurs qui touchèrent nos ancêtres et afin de réveiller les cœurs vers les chemins de la repentance. Cette conduite nous rappellera nos mauvaises actions identiques à celles de nos pères, et qui furent la cause de nos souffrances. Par le souvenir de ces évènements nous pourrons revenir en nous améliorant ainsi qu’il est dit : Ils confesseront leur faute ainsi que la faute de leur père. « (Rambam Lois du Jeûne. V, 1)